RECOMMANDATIONS POLITIQUES


Il est temps d’entendre les sonnettes d’alarme!

Une année complète s’est écoulée depuis que Banques alimentaires Canada a sonné l’alarme dans le rapport Bilan-Faim 2022. Alors que la crise du coût de la vie était déjà bien réelle, nous avions sonné l’alarme et affirmé que des mesures devaient être prises immédiatement pour aider les millions de Canadiens en difficulté d’un océan à l’autre.

Une année complète s’est écoulée depuis que Banques alimentaires Canada a sonné l’alarme dans le rapport Bilan-Faim 2022. Alors que la crise du coût de la vie était déjà bien réelle, nous avions sonné l’alarme et affirmé que des mesures devaient être prises immédiatement pour aider les millions de Canadiens en difficulté d’un océan à l’autre. 

Malheureusement, l’année 2023 a été marquée par l’inaction du gouvernement partout au pays. Notre sonnette d’alarme n’a pas été prise en compte, et les répercussions sont évidentes, avec près de 2 millions de visites aux banques alimentaires en un seul mois. Le niveau de pauvreté et d’insécurité alimentaire au Canada a atteint des sommets alarmants. 

Bien que les taux de pauvreté soient relativement faibles dans une perspective historique, nous constatons que les Canadiens éprouvent actuellement des difficultés profondes. Les taux d’insécurité alimentaire ont grimpé en flèche, et près d’un Canadien sur cinq a de la difficulté à nourrir sa famille chaque jour. Les difficultés financières actuelles ont entraîné des problèmes croissants de santé mentale et un stress lié aux finances. L’anxiété est palpable, car de nombreuses personnes partout au pays ont de plus en plus d’inquiétude quant à la façon de s’acquitter de leurs responsabilités financières fondamentales, comme payer leur loyer, faire le plein d’essence pour se rendre au travail et se procurer leurs médicaments sur ordonnance. 

L’absence d’action gouvernementale n’a fait qu’exacerber les problèmes que nous avons constatés il y a un an et, dans certains cas, qui existent depuis des décennies. 

Les personnes à revenu fixe, y compris les aînés et les étudiants, continuent d’éprouver des difficultés de façon disproportionnée à mesure que leur pouvoir d’achat diminue. Les aînés, qui devraient profiter de leur retraite, doivent plutôt consacrer du temps de leur journée pour se rendre à la banque alimentaire. Et, au lieu de pouvoir se concentrer sur leurs études, les étudiants sont distraits par le stress lié à la gestion d’une situation financière tendue, une difficulté qu’ils n’avaient pas anticipée. 

Les travailleurs, les locataires et les personnes vivant dans les régions éloignées et nordiques du Canada font également face à des défis qui vont en s’exacerbant. De plus, les Canadiens racisés sont touchés de façon démesurée par chacun de ces facteurs. En effet, les obstacles systémiques auxquels ils font face ont été exacerbés par la crise économique et la crise de l’abordabilité des dernières années. 

Et pourtant, nous constatons un très faible nombre de mesures gouvernementales visant à aider les personnes dans le besoin. Notre sonnette d’alarme de l’an dernier n’a pas été entendue ou a simplement été ignorée. Malgré les appels et les avertissements répétés de groupes de défense des droits et d’experts de partout au pays, y compris les nôtres, aucun ordre de gouvernement n’a pris de mesures concrètes. Alors que le filet de sécurité sociale continue de laisser passer d’innombrables personnes à travers ses mailles, les banques alimentaires servent de solution de secours. 

Bien que ces défis aient atteint de nouveaux sommets au cours des dernières années, ils découlent de problèmes qui ont émergé il y a des décennies. Il est grand temps que les gouvernements écoutent les experts et les gens sur le terrain qui sont témoins chaque jour de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire. À la lumière du rapport de l’an dernier, nous demandons aux gouvernements d’adopter une approche double : il doivent s’attaquer aux causes profondes du recours aux banques alimentaires, soit les faibles revenus et la pauvreté, tout en répondant à l’urgence de venir en aide à des millions de personnes. 

Les étapes sont simples : écouter maintenant, apporter un soulagement aujourd’hui, proposer des solutions pour un changement à long terme et, un jour, avoir la chance de vivre dans un Canada où personne ne souffre de la faim.

La dégradation de notre filet de sécurité sociale

Il y a cinquante ans, le Canada disposait d’un filet de sécurité sociale relativement robuste. Tous les ordres de gouvernement offraient du soutien dans de nombreux domaines, notamment le logement, les soins de santé, l’éducation et l’aide sociale. Au cours des deux dernières décennies du XXsiècle, cependant, ce filet a commencé à se fragiliser considérablement. En effet, dans le but de réduire les dépenses à tout prix, les gouvernements ont commencé à transférer la responsabilité du bien-être économique et social aux personnes plutôt qu’à l’État. Bien que les programmes existent toujours, ils sont devenus plus difficiles d’accès et moins efficaces pour soutenir les personnes et les familles à faible revenu.

Aujourd’hui, on se retrouve avec un filet de sécurité sociale troué, qui laisse passer des millions de personnes au Canada à travers ses mailles. Ces dernières se retrouvent alors en situation de pauvreté. Le nombre record de visites aux banques alimentaires cette année démontre que, lorsque les systèmes gouvernementaux échouent à protéger la population, les Canadiens se tournent vers les banques alimentaires comme filet de sécurité sociale non officiel.

Un filet de sécurité sociale efficace devrait faire en sorte qu’aucune personne au Canada ne tombe sous un certain seuil de pauvreté. En d’autres mots, un filet de sécurité sociale fonctionnel agit comme seuil de revenu minimum, et personne ne peut se retrouver en deçà de ce seuil.

Les quatre piliers d’un seuil de revenu minimum pour tous

Dans le rapport Bilan-Faim de l’an dernier, nous avons souligné la nécessité d’élargir le filet de sécurité sociale du Canada en établissant un seuil de revenu minimum pour tous les Canadiens. Bien qu’ils soient loin d’être parfaits, on peut dire qu’il existe actuellement deux piliers du seuil de revenu minimum au Canada. Les aînés ont un seuil de revenu minimum par l’entremise du Régime de pensions du Canada (RPC), de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG), et les familles ayant des enfants ont un seuil de revenu minimum, par l’entremise de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE), qui sera bientôt renforcé par des programmes élargis de service de garde d’enfants abordable. Toutefois, l’efficacité de ce dernier programme soulève des préoccupations importantes, car il n’y a actuellement pas assez de places en garderie pour tous les enfants.

Ces deux piliers fondamentaux constituent des avancées importantes, quoiqu’imparfaites, dans le renforcement du filet de sécurité sociale du Canada. Et ils ne représentent que deux des quatre piliers nécessaires à l’atteinte d’un seuil de revenu minimum pancanadien. Ce seuil de revenu doit également comprendre un pilier pour les personnes en situation de handicap et les adultes vivant seuls en âge de travailler. Ensemble, ces quatre piliers feraient en sorte qu’un seuil de revenu fiable soit mis en place pour tous les Canadiens et que personne ne soit laissé pour compte.

En mars dernier, 14 % des utilisateurs des banques alimentaires ont déclaré que la prestation d’invalidité était leur principale source de revenu. Depuis des années, ce nombre est demeuré élevé de manière constante. En raison des taux de soutien complètement inadéquats, la proportion d’utilisateurs des banques alimentaires qui dépendent des prestations d’invalidité par rapport à la population générale est aberrante. En 2022, seulement 4,3 % de la population de l’Ontario recevait des prestations d’invalidité provinciales, et 30 % des utilisateurs des banques alimentaires ont indiqué que ces prestations étaient leur principale source de revenu. Les chiffres ont atteint un sommet en Alberta, où les personnes recevant des prestations d’invalidité étaient 840 % plus représentées parmi les utilisateurs des banques alimentaires que les autres groupes.

Les adultes vivant seuls sont un autre groupe de personnes qui soulève les préoccupations de Banques alimentaires Canada depuis de nombreuses années. Représentant à l’heure actuelle 44 % des utilisateurs des banques alimentaires, il s’agit de l’un des plus grands sous-ensembles de personnes ayant recours aux banques alimentaires. Encore une fois, ce problème survient en raison d’un manque de soutien gouvernemental pour les personnes qui n’ont pas d’enfants ou qui ont moins de 65 ans.

Le processus d’établissement et d’amélioration des seuils de revenu minimum prend du temps : les gouvernements doivent donc entamer dès aujourd’hui ce travail essentiel. Si les gouvernements prenaient des mesures concrètes pour améliorer le filet de sécurité sociale, beaucoup moins de Canadiens seraient aux prises avec l’insécurité alimentaire et la pauvreté à long terme. À court terme, le gouvernement fédéral ne peut pas laisser les objectifs futurs entraver les mesures visant à remédier aux besoins actuels.

Le défi d’aujourd’hui

Les gens se retrouvent dans une situation difficile aujourd’hui. La preuve est que les banques alimentaires ont enregistré 1,9 million de visites en mars 2023, soit une augmentation de 32 % par rapport à l’an dernier. En plus de ces visites, plus de 40 % des Canadiens se sentent en moins bonne situation financière qu’il y a un an; 60 % affirment que la santé mentale est un problème qui ne reçoit pas l’attention qu’il mérite et que le gouvernement ne prend pas rapidement des mesures lorsque les gens en ont le plus besoin.

Le gouvernement fédéral a pris des mesures mineures pour renforcer le filet de sécurité sociale en faisant des progrès vers une Prestation canadienne pour les personnes handicapées et en prenant un engagement à l’égard d’un nouveau régime canadien de soins dentaires. Toutefois, il a échoué en grande partie à adopter une loi qui ciblerait de manière efficace les principaux facteurs de pauvreté, en particulier l’aide au logement et la réforme de l’aide sociale. Cette inaction a valu au Canada la note de D pour les progrès législatifs dans les fiches de rendement sur la pauvreté de cette année.

Nos recommandations :

  1. Compte tenu de l’incertitude potentielle quant à l’échéancier du projet de loi C-22 (qui a reçu la sanction royale) et de la tenue éventuelle d’élections fédérales au cours des 12 à 24 prochains mois, tous les partis devraient s’engager à collaborer avec quiconque au gouvernement pour mettre en place une prestation finale au plus tard au début de 2025, peu importe le moment des élections. Il sera essentiel d’élaborer la prestation en tenant compte de sa mise en œuvre pour éviter tout ralentissement au sein de la fonction publique si elle devait être instaurée durant la période des élections fédérales.
    1. La version ultime de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées devrait fournir des paiements adéquats, à parité avec des prestations solides comme les prestations pour aînés, et devrait idéalement offrir une valeur égale ou supérieure à la mesure du panier de consommation (MPC).
    2. En définissant la ligne de la MPC pour les personnes handicapées, le gouvernement et Statistique Canada devraient étudier l’incidence de l’inflation et de l’augmentation des coûts des soins et des besoins de base sur les personnes handicapées et en tenir compte.
  2. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement fédéral a versé de multiples suppléments ponctuels au crédit d’impôt pour la TPS et à d’autres programmes fiscaux pour aider les Canadiens à éviter la perte de revenu pendant la pandémie ou pour relever les défis subséquents en matière d’abordabilité découlant de l’inflation et du redémarrage économique. Le gouvernement devrait s’engager clairement à maintenir ces mesures de soutien jusqu’à ce que l’inflation soit revenue à la cible de 2 %.
    1. Ayant effectué ces paiements ponctuels au cours des quatre dernières années d’imposition, le gouvernement devrait évaluer leur incidence sur divers groupes démographiques. Cela devrait orienter les travaux futurs quant à la façon d’améliorer les outils comme l’Allocation canadienne pour enfants et l’Allocation canadienne pour les travailleurs. Enfin, les résultats de ces évaluations devraient être utilisés pour établir des objectifs plus larges, afin de rendre permanents les progrès réalisés pendant la pandémie en matière de réduction de la pauvreté.
  3. À court terme, le fait de donner accès à tous les ménages à faible revenu aux avantages non pécuniaires actuellement réservés aux bénéficiaires de l’aide sociale (par exemple : subvention des services de garde, suppléments au logement à loyer modique, assurance-médicaments et soins dentaires).
  4. Considérer les adultes à faible revenu vivant seuls comme une priorité dans toutes les mesures à venir en matière de réduction de la pauvreté, incluant un élargissement et une modernisation de l’assurance-emploi, afin de veiller à ce que cette population vulnérable ne soit plus laissée pour compte.
    1. Dans cette optique, le gouvernement devrait établir un calendrier clair quant au moment où il présentera les réformes de la modernisation de l’assurance-emploi, qui sont continuellement promises depuis le discours du Trône de 2020.
  5. Alors que les ministres fédéral et provinciaux de la Santé vont de l’avant avec les priorités fédérales partagées en matière de santé, telles qu’elles sont décrites dans le cadre de financement convenu plus tôt cette année, d’autres travaux sont nécessaires pour élaborer de nouvelles mesures en santé mentale qui mettront l’accent sur l’incidence des faibles revenus sur la santé mentale et les besoins aigus des adultes vivant seuls en âge de travailler, des personnes handicapées et des personnes aux prises avec des problèmes de dépendance.
  6. Il faut veiller à ce que toutes les prestations fédérales soient indexées en fonction de l’inflation et à ce que les ententes conclues avec les gouvernements provinciaux interdisent explicitement la récupération des soutiens sociaux provinciaux pour les nouveaux programmes de prestations fédéraux.

L’écart de construction

Pour rétablir la crise de l’abordabilité du logement au pays, le Canada a besoin que 5,8 millions de maisons soient construites d’ici 2030. [1] Autrement dit, entre 2023 et 2030, environ 830 000 logements doivent être construits chaque année au Canada. Malheureusement, jusqu’à présent en 2023, un peu plus de 143 000 maisons sont en construction [2], soit seulement 17 % du nombre nécessaire. Dans l’ensemble, la construction de logements a effectivement ralenti au cours des dernières années.

Il ressort clairement de ces chiffres que le gouvernement fédéral ne prend pas assez au sérieux la crise de l’abordabilité du logement. Cette question est cruciale pour de nombreux Canadiens qui peinent à payer leurs frais mensuels de logement. Tant les propriétaires que les locataires éprouvent des difficultés, mais les locataires ont un besoin criant d’aide.

Les besoins criants des locataires

Près de 70 % des utilisateurs des banques alimentaires sont locataires. Cette statistique nous indique que les personnes qui ont de la difficulté à payer pour les besoins les plus essentiels, comme la nourriture, sont plus susceptibles d’être locataires. Les résultats de Statistique Canada montrent que 20 % des locataires ont des besoins impérieux en matière de logement [3] comparativement à 5 % des propriétaires. [4] Les coûts du logement étant la deuxième raison la plus fréquente pour une personne d’avoir recours à une banque alimentaire, les gouvernements doivent examiner sérieusement comment ils peuvent aider les personnes aux prises avec des problèmes d’abordabilité du logement à court terme, et non seulement à long terme.

Une approche à deux volets

Même si certains logements sont en train d’être construits et convertis, des millions de personnes au Canada sont à la recherche d’un logement abordable dès maintenant. En ce moment, les gens ont besoin de plus de soutien pour aider à couvrir le coût du logement. Si le gouvernement veut aider les résidents à avoir accès à un logement abordable, il devra se concentrer à la fois sur 1) la construction et la mise à la disposition de nouveaux logements abordables et 2) l’aide visant à rendre le marché du logement existant plus abordable.

Les programmes d’allocation pour le loyer

Au Manitoba, le programme d’allocation pour le loyer offre un soutien à 33 000 résidents chaque année en fournissant des fonds qui aident à rapprocher les coûts de location de la cible de 30 % du revenu (en dehors des besoins impérieux en matière de logement). [5] Le Centre canadien de politiques alternatives a constaté que l’allocation supplémentaire permettait aux personnes de « se concentrer sur d’autres aspects de leur vie, comme leurs études, l’éducation ou l’obtention de la garde de leurs enfants, ainsi que le rétablissement de leur santé mentale et physique ». [6] De plus, 70 % des locataires sondés ont indiqué que l’allocation leur permettait d’acheter des produits d’épicerie plus sains. Comme le loyer est une dépense relativement fixe, l’allocation a permis aux résidents de prendre des décisions éclairées en matière de planification en fonction de leur budget limité. [7] De solides programmes d’allocation pour le loyer, comme celui offert au Manitoba, peuvent contribuer grandement à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire chez tous les locataires. Un concept semblable de prestation transférable en matière de logement a été introduit dans le récent rapport de l’Accord national sur le logement portant sur l’abordabilité des loyers. [8]

Les étudiants de niveau postsecondaire et le logement

L’augmentation du nombre de visites des étudiants de niveau postsecondaire aux banques alimentaires, qui représentent maintenant 8 % de l’ensemble des utilisateurs, est l’une des tendances attribuables au coût du logement qui inquiète de nombreuses banques alimentaires partout au pays, mais dont on parle peu. Bien que ce nombre puisse sembler faible, il augmente plus rapidement que ceux des autres groupes démographiques, et les preuves anecdotiques indiquent que les étudiants étrangers sont ceux qui sont les plus susceptibles de se retrouver dans le besoin.

Selon les chiffres du gouvernement, la population étudiante internationale du Canada a augmenté de 75 % en cinq ans à peine. À l’heure actuelle, aucun gouvernement n’oblige les établissements d’enseignement postsecondaire à offrir des options de logement adéquates pour le nombre croissant d’étudiants qu’ils acceptent.

Comme ce groupe démographique consacre une grande partie de son temps aux études, il a peu d’occasions de gagner un revenu supplémentaire. De plus, les étudiants étrangers ne sont autorisés à travailler que 20 heures par semaine, ce qui réduit considérablement leur capacité à faire face à la hausse des coûts. [9] En moyenne, la plupart des étudiants gagnent un revenu inférieur à 20 000 $ par année. Malgré tout, les loyers sont 25 % plus élevés pour les étudiants que pour le reste de la population. [10]

De nombreux étudiants étrangers ont donc de la difficulté à trouver un logement [11] et un nombre très élevé d’entre eux – 75 % – fait face à l’insécurité alimentaire. [12]

Vers un avenir meilleur

Bien que le coût élevé du logement soit l’une des causes profondes du recours aux banques alimentaires depuis de nombreuses années, l’urgence de la question et la nécessité d’une intervention gouvernementale n’ont jamais été aussi évidentes. Le soutien au logement est une stratégie politique qui pourrait apporter une aide immédiate à des dizaines de milliers de Canadiens aux prises avec la pauvreté et de faibles revenus.

Le gouvernement fédéral doit commencer à collaborer davantage avec les gouvernements provinciaux pour remédier au nombre insuffisant de logements construits. Le Canada échouera probablement à atteindre son objectif de construction d’environ 600 000 unités cette année, mais le besoin de ces unités sera simplement « pelleté en avant » et reporté aux années à venir. Le besoin ne disparaîtra pas.

Entre-temps, nous implorons le gouvernement de prendre de véritables mesures d’urgence pour la mise en place de programmes visant à réduire les coûts dès aujourd’hui.

Nos recommandations :

  1. Il faut examiner la possibilité d’instaurer un programme national d’allocation pour le loyer en collaboration avec les provinces et les territoires dans le cadre des ententes fédérales-provinciales sur le logement.
    Dans le processus d’élaboration, le gouvernement devrait tenir compte de ce qui suit :

    1. Un modèle fondé sur le programme d’allocation pour le loyer du Manitoba.
    2. Examen du rapport de l’Accord national sur le logement portant sur les logements locatifs abordables, recommandation 9.
  2. Le gouvernement fédéral devrait tenir sa promesse de mettre au point des outils qui s’attaqueraient aux coûts du logement, y compris un examen du traitement fiscal des fiducies de placement immobilier (FPI) résidentiel et des autres grandes sociétés propriétaires.
    1. Dans le cadre de ce travail, le gouvernement devrait envisager des options pour préserver ou limiter les avantages fiscaux afin d’aider à établir des conditions qui renforcent l’abordabilité pour les personnes qui paient actuellement un loyer au prix du marché, ou de fournir des lignes directrices sur les augmentations de loyer et les rénovictions.
  3. En tirant parti de son inventaire des terres publiques et en travaillant en collaboration avec les municipalités et les gouvernements provinciaux, le gouvernement fédéral devrait fixer une cible pour la conversion ou la mise en valeur de logements à loyer modique.
    Dans ce contexte, il devrait envisager des approches novatrices, comme le recours à la Société canadienne d’hypothèques et de logement, à la Société immobilière du Canada ou à des entités semblables, pour évaluer la possibilité de créer une société publique de développement qui permettrait aux gouvernements de tirer pleinement parti de leur bilan comptable, de réduire les coûts de construction et de rendre le logement plus abordable.
    Il devrait également instaurer un fonds national d’acquisition qui compléterait le Fonds pour accélérer la construction de logements récemment annoncé, afin d’appuyer un financement communautaire ciblé pour l’acquisition de logements à loyer modique. Autrement dit, fournir un financement en capital (prêts et subventions) aux organismes à but non lucratif afin qu’ils puissent acheter et fournir des propriétés locatives dont le loyer serait égal ou inférieur au loyer moyen du marché.
  4. Il devrait mettre en place de nouveaux investissements pour remédier à une omission importante de la Stratégie nationale sur le logement et créer des logements supervisés pour les personnes ayant une incapacité mentale ou physique, particulièrement au sein des populations marginalisées ou à faible revenu.
  5. Il convient de collaborer avec les provinces et les territoires à l’élaboration de politiques fiscales ciblées et coordonnées pour stimuler l’aménagement de logements locatifs construits sur mesure et compléter la récente décision de retirer la TPS de la construction de nouveaux logements locatifs – une politique préconisée dans les rapports précédents du Bilan-Faim. L’accès aux avantages fiscaux devrait être conditionnel à des objectifs nationaux clairs en matière d’abordabilité associés à ces projets.
  6. Il faut mettre en place un plan d’action pour soutenir les étudiants – en particulier les étudiants étrangers – qui sont aux prises avec l’insécurité alimentaire et la pénurie de logements. Le plan doit comprendre :
    1. Un volet de financement permettant aux universités de construire et d’aménager des logements étudiants plus abordables.
    2. L’octroi d’un nombre approprié de permis d’études aux établissements en fonction de leur capacité de prouver que tous les étudiants étrangers disposent d’un logement abordable adéquat.
    3. La collecte de données sur le logement étudiant par l’entremise de Statistique Canada afin d’éclairer la prise de décisions.

L’un des constats les plus choquants du rapport Bilan-Faim de cette année est que le revenu d’emploi est la principale source de revenu de 17 % des utilisateurs des banques alimentaires. Jamais les banques alimentaires n’ont observé des besoins aussi criants au sein de la population active.

Pire encore, lorsque les personnes qui touchent actuellement des prestations d’assurance-emploi sont incluses dans le calcul, la main-d’œuvre canadienne représente 20 % des utilisateurs des banques alimentaires. Ces gens sont les travailleurs pauvres du Canada, des personnes qui, malgré tous les efforts qu’ils déploient, gagnent trop peu pour se nourrir et nourrir leur famille.

Et bien qu’une personne sur cinq soit un chiffre frappant, les travailleurs pauvres représentent en fait 40 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans la plupart des régions du pays. [13] Plus choquant encore, 52 % des ménages qui vivent dans l’insécurité alimentaire déclarent que l’emploi est leur principale source de revenu. [14]

La diminution du pouvoir d’achat

La hausse du coût de la vie est au cœur de ces statistiques révélatrices. Le coût du logement grimpe en flèche (voir la section 2 de la politique) et l’inflation rend tous les autres coûts de la vie ingérables. De plus, le niveau d’endettement des ménages a considérablement augmenté au cours des 10 dernières années. Cela signifie que même si de nombreux salaires ont augmenté, la capacité des travailleurs à payer les factures et à joindre les deux bouts a diminué.

En raison de cette diminution du pouvoir d’achat, 60 % des travailleurs canadiens dépensent la totalité de leur salaire net et 30 % dépensent plus que ce qu’ils gagnent chaque mois. [15]

Il faut trouver des solutions pour augmenter les revenus des travailleurs au Canada. En plus des travailleurs, un autre groupe de membres du marché du travail est laissé pour compte par l’inaction du gouvernement : les personnes sans emploi en raison de mises à pied ou celles qui occupent un emploi précaire ou saisonnier.

Des mesures de soutien pour la tranquillité d’esprit

Dans un pays où travailler dur ne signifie plus que vous êtes assuré d’un revenu adéquat, les gens ont besoin d’un système de sécurité sociale qui garantit leur tranquillité d’esprit. Au cours de l’exercice financier 2018-2019, l’assurance-emploi n’aidait que 39 % des travailleurs canadiens sans emploi, comparativement à plus de 80 % au début des années 1990. [16] Aujourd’hui, près de 40 % des ménages dont la principale source de revenu est l’assurance-emploi vivent un certain niveau d’insécurité alimentaire. [17]

Bien que le gouvernement fédéral se soit engagé à examiner le programme d’assurance-emploi actuellement inadéquat, il n’y a pas eu d’amélioration et le processus est presque à l’arrêt. En cette période de détérioration des conditions économiques du Canada, l’immobilisme n’est pas une option. Il faut agir dès aujourd’hui.

Nos recommandations :

  1. Élaborer un nouveau programme d’assurance-emploi qui vienne spécifiquement en aide aux travailleurs plus âgés (45 à 65 ans) qui perdent leur emploi à un âge plus avancé et pourraient avoir besoin de programmes de formation et d’éducation adaptés pour les aider à réintégrer le marché du travail moderne.
  2. Élargir de façon permanente la définition d’« emploi admissible » à l’assurance-emploi pour inclure le travail autonome et le travail précaire.
  3. Examiner et réduire le nombre d’« heures de travail » admissibles nécessaires (actuellement entre 420 et 700 heures de travail assurable) pour mieux refléter la nature des emplois et des situations de travail d’aujourd’hui.
    1. Inclure un volet particulier pour les travailleurs saisonniers qui travaillent parfois aussi peu que 12 à 16 semaines par année.
  4. Élargir immédiatement les dispositions sur le travail pendant une période de prestations de l’AE afin de permettre aux travailleurs de conserver une plus grande partie de leur revenu provenant d’un travail temporaire ou à temps partiel pendant qu’ils touchent l’AE, sans perdre de prestations ou sans récupération de leur revenu.
  5. Prolonger la durée maximale des prestations d’assurance-emploi au-delà de 45 à 52 semaines, puis réduire progressivement de façon échelonnée les prestations en espèces tout en conservant l’accès aux mesures de soutien non pécuniaires de l’assurance-emploi (comme la formation et l’éducation), afin que les gens ne soient pas forcés de se retrouver dans notre système provincial d’aide sociale déficient et largement inadéquat une fois que leurs prestations d’assurance-emploi seront épuisées.
  6. Collaborer avec les provinces et les territoires pour réduire la récupération et améliorer l’harmonie entre l’aide sociale et l’assurance-emploi.
  7. Pour mieux soutenir les travailleurs qui occupent actuellement un emploi et qui ont un faible revenu :
    1. Améliorer l’Allocation canadienne pour les travailleurs (ACT) en augmentant le versement maximal, surtout pour les personnes dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté, et veiller à ce que cela s’intègre efficacement à des crédits d’impôt provinciaux semblables, comme le crédit d’impôt de l’Ontario pour les personnes et les familles à faible revenu (CIPFR) et d’autres.
    2. Instaurer des mesures incitatives gouvernementales pour encourager les entreprises à verser des salaires suffisants à tous leurs employés.

Depuis de nombreuses années, Banques alimentaires Canada surveille l’insécurité alimentaire et la pauvreté dans les régions nordiques et éloignées du Canada. Compte tenu de l’aggravation des conditions climatiques, source de feux de forêt, de saisons de route de glace plus courtes et de changements des comportements des animaux, et de l’augmentation des coûts des produits de première nécessité comme la nourriture et le carburant qui est exponentielle dans le Nord, l’inquiétude n’a jamais été aussi grande.

Pour mettre les chiffres en contexte, les taux d’insécurité alimentaire s’élèvent à au moins 20 % dans les territoires, et à 50 % au Nunavut. Malgré la crise d’insécurité alimentaire qui touche la moitié des habitants d’un territoire, personne ne sonne l’alarme. Les taux de pauvreté sont également très préoccupants dans le Nord.

Le coût des aliments dans le Nord

Chaque année, les représentants du gouvernement promettent d’améliorer la situation dans le Nord, mais les conditions continuent de s’aggraver. Selon les plus récentes statistiques (2021), un panier de provisions pour une famille de quatre dans le Nord coûtait 420 $ par semaine. [18] La même année, le panier moyen au Canada coûtait environ 267 $ par semaine. [19]

Vu le niveau d’insécurité alimentaire inacceptable des ménages dans les territoires et la diminution réelle du revenu d’aide sociale, il faut que le gouvernement, en collaboration avec les territoires, revoie ses stratégies de sécurité alimentaire pour le Nord.

Banques alimentaires Canada, ainsi que de nombreuses banques alimentaires du réseau, font de leur mieux pour soutenir les communautés en difficulté dans le Nord, mais les coûts d’expédition élevés dépassent leur financement déjà limité, surtout en raison des récentes pressions inflationnistes.

Les données comme obstacle

Malheureusement, le manque de collecte de données dans le Nord fait en sorte qu’il est difficile de mesurer l’ampleur des difficultés. Une grande partie des renseignements recueillis par le gouvernement du Canada date de plusieurs années et ne reflète pas la nouvelle réalité d’inflation et de stress économique. Dans le reste du Canada, le prix d’un panier de provisions pour une semaine a augmenté de 46 $ depuis 2021 [20] et il pourrait facilement avoir augmenté de 100 $ par semaine dans le Nord.

La collecte de données jouera un rôle clé pour permettre de véritables changements dans le Nord. Les solutions stratégiques ne peuvent pas être mises en œuvre et leur efficacité ne peut pas être mesurée si les gouvernements ne recueillent pas davantage de données dans la région. Il s’agit donc de la première étape du long parcours pour réduire l’insécurité alimentaire et améliorer la qualité de vie dans les régions nordiques et éloignées.

Au-delà de la nourriture

La nourriture n’est pas le seul défi dans le Nord. Les taux élevés d’insécurité alimentaire peuvent s’expliquer par une baisse constante des salaires, des coûts élevés du logement et de l’énergie, un financement gouvernemental incohérent et un filet de sécurité sociale fragilisé. Ces échecs sont exacerbés par les répercussions dévastatrices à long terme du colonialisme et du racisme systémique, mais aussi par les changements climatiques qui empêchent les communautés d’obtenir leurs aliments traditionnels et fiables. [21]

La liste de défis est longue et une nouvelle approche est nécessaire pour les résoudre.

Les solutions relatives aux prix des aliments et à l’alimentation en général ne peuvent pas tout régler. Le gouvernement fédéral doit également revoir l’ensemble de son approche quant aux causes profondes à long terme de l’insécurité alimentaire dans le Nord pour que des progrès soient réalisés.

Nos recommandations :

  1. Depuis 2015, le gouvernement a révisé à deux reprises la déduction pour les habitants de régions éloignées pour aider les gens du Nord à assumer le coût élevé de la vie. Bien qu’il s’agisse d’une étape salutaire, elle est plus avantageuse en tant que déduction fiscale pour ceux dont les revenus sont plus élevés. Le gouvernement fédéral devrait examiner les options pour faire de cette déduction une aide progressive et remboursable. Cette solution soutiendrait mieux les personnes dans le besoin et réduirait la pauvreté dans les régions les plus touchées, tout en maintenant un niveau d’aide de base pour tous les habitants du Nord en reconnaissance du coût différentiel de la vie. Si cette nouvelle mesure est correctement élaborée, la nouvelle déduction pour les habitants de régions éloignées pourrait constituer la base d’un seuil de revenu minimum régional.
  2. En collaboration avec les communautés et les organismes autochtones, le gouvernement doit continuer d’examiner le programme Nutrition Nord Canada afin de déterminer les raisons pour lesquelles il n’atteint que minimalement ses objectifs de réduction du coût des aliments dans le Nord et s’efforcer d’envisager des façons novatrices de mieux soutenir les communautés.
  3. Travailler en partenariat avec des groupes locaux et créer un plan pancanadien de développement et de revitalisation du Nord axé sur la recherche et le développement de programmes régionaux visant à former les travailleurs et à accroître le commerce dans des secteurs économiques stratégiques tels que le tourisme, les ressources naturelles et les entreprises locales et régionales.
    1. Dans le cadre de ce plan, travailler avec les gouvernements territoriaux et autochtones à l’élaboration d’une vision à long terme de l’infrastructure communautaire qui comblera les lacunes en matière d’accès au logement, de produits alimentaires et d’Internet haute vitesse, afin d’assurer une certaine parité avec le niveau de vie dont jouissent les Canadiens du Sud.
  4. Élaborer du financement pour un programme national de représentants communautaires dont l’objectif est de mettre leurs communautés en contact avec les fonds et les ressources mis à la disposition des communautés du Nord, mais qui sont trop souvent inutilisés en raison d’un manque de sensibilisation. Ces représentants offriront une occasion de partage des connaissances entre les communautés du Nord.
  5. Dans le cadre de la Stratégie canadienne sur les minéraux critiques du gouvernement fédéral, l’accent doit être mis sur le développement d’infrastructures communautaires dans les communautés nordiques, comme le logement, les établissements d’enseignement et l’Internet haute vitesse; sur la localisation des avantages économiques et communautaires pour que les résidents locaux bénéficient de ces projets; et sur l’élaboration d’incitatifs et de stratégies pour conserver les capitaux dans le Nord et réduire la dépendance à l’égard des travailleurs temporaires.
  6. Offrir une formation supplémentaire sur les compétences en télétravail et du financement pour l’approvisionnement en fournitures de travail à domicile.

Ajoutez votre voix à l’appel au changement – Envoyez une lettre

[1] Accord national sur le logement 2023.pdf (nationbuilder.com)

[2] https://www03.cmhc-schl.gc.ca/hmip-pimh/fr#Profile/1/1/Canada (août 2023)

[3] Les ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement vivent dans un logement inadapté, inadéquat ou inabordable et ne peuvent se permettre de louer un autre logement dans leur communauté.

[4] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-627-m/11-627-m2022056-fra.htm

[5] Cooper, S., Hajer, J. et Plaut, S. Assisting renters: Manitoba’s Rent Assist in the context of Canada’s National Housing Strategy. Centre canadien de politiques alternatives, bureau du Manitoba. https://eppdscrmssa01.blob.core.windows.net/cmhcprodcontainer/sf/project/archive/publications/nhs/research_and_planning_fund_program/assisting-renters.pdf

[6] ibid

[7] ibid

[8] Accord national sur le logement 2023.pdf (nationbuilder.com)

[9] https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/services/etudier-canada/travail/travailler-hors-campus.html

[10] Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE) (s.d.). Données et recherche. https://www.utile.org/fr/donnees-et-recherches

[11] https://www.cbc.ca/news/canada/international-students-affected-by-housing-crisis-1.6940668

[12] https://static1.squarespace.com/static/5fa8521696a5fd2ab92d32e6/t/6318b24f068ccf1571675884/1662562897883/2021+National+Student+Food+Insecurity+Report+-3.pdf

[13] Stapleton, J. (2019). The working poor in the Toronto region – A closer look at the increasing numbers. Metcalf Foundation. https://metcalffoundation.com/wp-content/uploads/2019/11/Working-Poor-2019-NEW.pdf

[14] Tarasuk, V., Li, T., & Fafard St-Germain, A. A. (2022). Household food insecurity in Canada, 2021. PROOF. https://proof.utoronto.ca/wp-content/uploads/2022/08/Household-Food-Insecurity-in-Canada-2021-PROOF.pdf

[15] Half of Canadians ‘overwhelmed’ by debt: Report | HRD Canada (hcamag.com)

[16] Busby, C., & Gray, D. (2021, March 10). A new voluntary EI program would bring more workers under safety net. Policy Options Politiques. https://policyoptions.irpp.org/magazines/march-2021/a-new-voluntary-ei-program-would-bring-more-workers-under-safety-net/

[17] Tarasuk, V., Li, T., & Fafard St-Germain, A. A. (2022). Household food insecurity in Canada, 2021. PROOF. https://proof.utoronto.ca/wp-content/uploads/2022/08/Household-Food-Insecurity-in-Canada-2021-PROOF.pdf

[18] Coût du Panier de provisions nordique révisé pour l’exercice de 2020-2021 (nutritionnorthcanada.gc.ca/fra)

[19] Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation 2021 – Agri-Food Analytics Lab de l’Université Dalhousie

[20] Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation 2023_Pdf numérique (dal.ca)

[21] Bratina, B. La sécurité alimentaire dans les collectivités nordiques et isolées : Garantir à tous l’accès équitable à des aliments sains en quantité suffisante. Rapport du Comité permanent des affaires autochtones et du Nord. Chambre des communes. https://www.ourcommons.ca/Content/Committee/432/INAN/Reports/RP11420916/inanrp10/inanrp10-f.pdf