Le Canada a aujourd’hui une occasion générationnelle de réduire la pauvreté— consultez les bulletins sur la pauvreté de Banques alimentaires Canada.

Le bénévolat dans une banque alimentaire prend de nombreuses formes, mais c’est toujours utile 

Il est 8 h mercredi matin, et Mariana Franey est déjà au travail. Ses collègues bénévoles de la Berwick Food Bank à Berwick, en Nouvelle-Écosse, trient des pommes de terre, des carottes, des oignons et des pommes, réapprovisionnent les tablettes et préparent les commandes qui seront livrées. À titre de cogestionnaire, Mariana supervise les quelque 17 autres bénévoles, organise les conducteurs pour les livraisons et aide là où elle le peut. 

Chaque commande de livraison, un service qui a débuté pendant la pandémie de COVID-19 et qui est devenu une bouée de sauvetage pour ceux qui n’ont pas de transport dans la communauté rurale, arrive la veille et est triée par des bénévoles. 

« Nous sommes cinq environ à tourbillonner dans tous les sens… pour rassembler les commandes », explique Mariana. 

Une fois les commandes terminées, Mariana et l’équipe passent le reste de la journée à effectuer diverses tâches : trier la livraison des aliments à partir du système national du partage des aliments par l’entremise de Banques alimentaires Canada et de l’association provinciale de banques alimentaires Feed Nova Scotia; travailler avec les livreurs; emballer du café, du thé et de la nourriture pour animaux de compagnie; et vérifier les messages. 

« Puis, il y a des gens qui débarquent avec des dons. Je dois dire pas autant qu’avant. « Je pense que les gens ont de la difficulté maintenant, et qu’ils ne peuvent vraiment plus nous faire de dons comme avant », affirme Mariana. 

Mariana Franey, cogestionnaire bénévole à la Berwick Food Bank en Nouvelle-Écosse

C’est beaucoup de travail pour un organisme géré par des bénévoles, ce qui est commun à de nombreuses petites banques alimentaires des communautés rurales du Canada. Et bon nombre de ces bénévoles sont des retraités. « Nous avons environ 66 bénévoles, dit Mariana, et je peux vous dire que la plupart ont plus de 65 ans. Certains d’entre nous ont dans les 80. » 

Mariana s’inquiète pour l’avenir. Comme de plus en plus de familles s’y fient chaque mois, la banque alimentaire est essentielle pour la petite communauté. Mais sans jeunes bénévoles, la planification de la relève est un problème. 

La Berwick Food Bank n’est pas la seule à avoir besoin de bénévoles. Dans un sondage réalisé l’an dernier par Banques alimentaires Canada, près de la moitié (48 %) des banques alimentaires affirment ne pas avoir suffisamment de bénévoles pour gérer efficacement leurs activités. 

Heureusement, trouver suffisamment de bénévoles pour la plupart des postes n’est pas un problème pour Meg Musy, spécialiste des programmes de bénévolat à Food Banks Mississauga, en Ontario.  

« C’est un problème intéressant à avoir », dit Meg. « Parfois, nous avons plus de candidats que de postes disponibles. » 

Mais soutenir la communauté demeure une entreprise cruciale. Patricia (Pat) Howe, responsable des bénévoles à Food Banks Mississauga, l’a reconnue pendant la pandémie de COVID-19 lorsqu’elle a décidé de commencer à faire du bénévolat.  

« J’ai vu comment les gens incapables de se nourrir étaient de plus en plus nombreux », confirme-t-elle. 

Le tri des aliments et la préparation des commandes pour le programme de livraison à domicile de Food Bank 2 Home font partie du travail de Pat, tout comme le mentorat de jeunes bénévoles, notamment des élèves du secondaire de la région, ou la supervision de bénévoles d’entreprise qui viennent prêter main-forte. Pat reconnaît l’importance d’exposer un plus grand nombre de personnes de la population aux banques alimentaires grâce à ce genre de visites. Elle agit à titre d’ambassadrice de l’organisme en soulignant le rôle essentiel qu’il joue dans la communauté et en contribuant à éliminer la stigmatisation qui entoure les banques alimentaires.  

« Il est difficile de demander de la nourriture à une banque alimentaire, mais les gens ont une fausse perception selon laquelle on abuse des banques alimentaires, affirme Pat. « J’ai parlé à des mamans qui sont venues en dernier recours ici, à la banque alimentaire, et qui pleurent car elles ont dû se résoudre à faire ça. » 

Des millions de personnes au Canada comptent sur une banque alimentaire pour leur prochain repas. Collectivement, les banques alimentaires du Canada reçoivent près de 2,2 millions de visites chaque mois. Le tiers des personnes servies sont des enfants. 

Bien que le bénévolat dans une banque alimentaire comporte son lot de défis, Pat et Mariana conviennent que le fait de voir directement les résultats en fait une expérience enrichissante.  

« Quand j’ai pris ma retraite, je voulais faire quelque chose pour combler un vide, dit Mariana. « Et je peux vous dire que j’ai bien trouvé. » Ensemble, nous pouvons changer les choses. » 

Pat Howe, responsable des bénévoles à Food Banks Mississauga, en Ontario

Pat raconte une visite qui l’a marquée. « Quand la guerre en Ukraine a commencé, nous avions beaucoup de visites. Il y avait une maman avec un bébé et un jeune enfant qui lui tenait la main. « Elle n’avait rien d’autre qu’une valise, et son mari se battait en Ukraine. »  

La banque alimentaire a pu lui fournir de la nourriture et des couches. « C’était tellement triste, et pourtant, nous avons pu faire un peu pour l’aider. Ce sont ces petits moments où on a l’impression d’avoir vraiment aidé qui comptent. » 

Selon la communauté et les besoins de l’organisme, faire du bénévolat pour une banque alimentaire peut signifier travailler dans un entrepôt, un jardin, une ferme, une cuisine, un camion, un bureau ou en contact direct avec les clients. Il peut s’agir de recherche, d’administration, de coordination dans les médias sociaux, de collecte de fonds et d’événements spéciaux, d’entretien des immeubles ou de siéger au conseil d’administration. Mais bon nombre de ces compétences peuvent être acquises au travail. N’importe qui peut faire du bénévolat, peu importe son niveau de compétence, son niveau de scolarité ou son âge. Certains postes demandent un engagement important en temps, tandis que d’autres sont moins exigeants. 

Les Nations Unies ont proclamé 2026 Année internationale des bénévoles pour souligner l’importance de leur rôle dans la réalisation d’objectifs mondiaux comme l’élimination de la pauvreté et la protection de la planète.  

« Nous sommes très reconnaissants envers la communauté qui s’engage et fait du bénévolat là où elle le peut », affirme Meg. « Beaucoup de gens nous disent : « J’aimerais être donateur, mais je ne peux pas me le permettre, alors c’est ainsi que je veux redonner. » Et nous sommes si heureux d’avoir ce soutien dans la communauté. » 

Si vous souhaitez avoir une réelle incidence dans votre communauté, veuillez communiquer avec votre banque alimentaire locale et posez des questions sur les possibilités de bénévolat dès aujourd’hui.