Servir toutes les personnes dans le besoin

Qu’ont en commun les bons de taxi, les rampes pour fauteuils roulants et la viande halal? Ils peuvent tous aider à éliminer les obstacles qui empêchent les personnes dans le besoin d’accéder aux banques alimentaires ou d’en profiter équitablement. Les bons de taxi aident les personnes qui n’ont pas accès à une voiture ou à une option pratique de transport en commun à se rendre à la banque alimentaire; les rampes pour fauteuil roulant permettent aux personnes en situation de handicap d’entrer dans l’immeuble et de se déplacer; et la viande halal permet aux clients ayant certaines traditions religieuses d’avoir accès à une alimentation riche en protéines (comme les options casher et végétariennes). Ce sont tous des exemples de mesures qui peuvent faire en sorte que les gens se sentent les bienvenus et inclus à la banque alimentaire.

Partout au pays, les banques alimentaires s’efforcent de rendre leurs services accessibles, équitables et efficaces. Bon nombre d’entre elles y parviennent grâce au programme d’accès de Banques alimentaires Canada, qui a investi 3 millions de dollars dans des projets, des programmes et des achats pour l’accessibilité dans 92 banques alimentaires au cours du dernier exercice financier.

Certains changements sont modestes, mais significatifs, comme le coin des enfants de la Ressourcerie Bernard-Hamel à Rouyn-Noranda, au Québec. Cette banque alimentaire a utilisé une partie d’une subvention d’accès de Banques alimentaires Canada pour améliorer ses espaces d’admission et d’attente, notamment en aménageant un coin avec du matériel pour les enfants.

« Une mère nous a dit qu’elle se sentait maintenant plus à l’aise de venir chercher de l’aide avec son jeune enfant, car le nouvel espace lui permettait de s’amuser en toute sécurité pendant la période d’attente, ont-ils rapporté. Ce petit ajout a contribué à rendre notre aire d’accueil plus […] respectueuse de la réalité des familles. »

Les bienfaiteurs de Banques alimentaires Canada permettent également des investissements plus importants qui ont des répercussions généralisées. Par exemple, le programme d’accès a contribué à financer l’agrandissement d’un entrepôt à la Cochrane Food Bank, en Ontario, afin que ce centre de distribution régional puisse recevoir plus de nourriture et étendre ses livraisons aux communautés avoisinantes. Le fait de permettre à de plus grandes quantités de denrées d’atteindre les banques alimentaires du Nord-Est de l’Ontario de façon continue aidera à surmonter les obstacles géographiques dans cette région historiquement mal desservie.

« La croissance et la transformation de notre entrepôt nous rendent émotifs, ont écrit les membres de l’équipe à Banques alimentaires Canada. Chaque nouveau mur est une autre porte qui s’ouvre pour les familles du Nord. Il ne s’agit pas seulement d’avoir un bâtiment plus grand. C’est plus d’espace pour stocker l’espoir, plus de possibilités pour répandre la gentillesse et plus de capacité à aider nos voisins de Kirkland Lake à Hearst en passant par Moosonee et toutes les autres petites communautés. »

Nourriture, compassion et appartenance

« Comment avez-vous entendu parler de ces aliments? » C’était une question récurrente des visiteurs l’an dernier à la banque alimentaire de l’Armée du Salut à Listowel, en Ontario, où 41,5 % des clients sondés avaient des besoins alimentaires particuliers. Grâce au soutien financier du programme d’accès de Banques alimentaires Canada, le personnel a acheté une gamme de produits culturellement et médicalement adaptés afin de servir les clients de façon plus équitable.

« Ma mère cuisinait les haricots mungo (mung bean) quand j’étais enfant », a dit une personne. Je n’en ai jamais vu ici [à la banque alimentaire]. Comment en avez-vous entendu parler? »

« Nous ne mangeons pas beaucoup de pâtes dans notre culture; nous mangeons des nouilles de riz, a dit une autre. Je n’arrive pas à croire que vous en avez! »

« Je ne peux pas me permettre d’acheter des boissons Glucerna [des substituts de repas conçus pour aider les personnes atteintes de diabète à gérer leur glycémie], a déclaré une cliente. Mais mon mari en prend quand c’est possible, quand il travaille. Il travaille très fort pour notre famille. Je pourrai en mettre dans sa boîte à lunch! »

« Cette attention aux besoins individuels a été une preuve de nos soins et de notre compassion », résume Gwyneth Woods, une gestionnaire des services communautaires de l’Armée du Salut, dans un rapport à Banques alimentaires Canada. « Les clients ont ressenti un sentiment d’accueil et d’inclusion. »

Gwyneth a évoqué le fait que visiter une banque alimentaire peut être une expérience émotionnelle. C’est souvent positif, comme pour les clients dont elle parle. Mais les banques alimentaires savent aussi que la première visite dans une banque alimentaire est souvent l’une des journées les plus difficiles de la vie d’une personne. Des recherches menées par Banques alimentaires Canada montrent que la honte, l’embarras, l’anxiété, l’inconfort et d’autres émotions désagréables sont des obstacles qui se dressent souvent entre les personnes qui ont besoin de nourriture et les organismes communautaires qui peuvent l’offrir.

C’est pourquoi les initiatives qui s’attaquent à ces obstacles, comme par la création d’espaces privés pour recueillir les renseignements des nouveaux clients ou la formation du personnel et des bénévoles pour comprendre certains défis liés à la santé mentale, sont admissibles au soutien du programme d’accès, tout comme les investissements suivants :

  • Traduction du matériel de communication dans un plus grand nombre de langues parlées dans la communauté; embauche de personnel multilingue.
  • Mises à niveau de l’accessibilité physique, comme des tables à langer pour les bébés ou des infrastructures adaptées aux fauteuils roulants.
  • Horaires élargis ou flexibles pour mieux répondre aux divers besoins des clients.
  • Solutions pour surmonter les obstacles géographiques et de transport, comme les camions de cuisine de rue, les bons de taxi et les services de livraison.
  • Aliments répondant à des besoins alimentaires particuliers ou familiers pour des personnes issues de milieux culturels spécifiques.
  • Approvisionnement accru pour les banques alimentaires qui ont un besoin urgent.

« Les banques alimentaires sont des endroits merveilleux, a déclaré Kirstin Beardsley, chef de la direction de Banques alimentaires Canada, dans un guide à l’intention des banques alimentaires qui souhaitent agir. Ce sont des lieux où des personnes de tous les horizons peuvent se réunir pour apporter leur contribution à la communauté et travailler en faveur d’un avenir meilleur. Toutefois, nous réalisons qu’il n’est jamais facile de demander de l’aide quand on en a besoin. Dans l’idéal, les banques alimentaires sont non seulement des organismes où se procurer de la nourriture, mais aussi des lieux où l’on cultive la compassion et l’appartenance à la communauté pour tous les visiteurs. »

« Nous savons que l’insécurité alimentaire et la pauvreté n’affectent pas tout le monde de la même façon. Alors que la nécessité augmente partout au pays et que nous servons une clientèle toujours plus diverse, il est plus important que jamais de construire des banques alimentaires accueillantes et accessibles. »