Pour bâtir un Canada fort, il faut aussi protéger la population contre l’insécurité alimentaire
Le Canada entre dans une nouvelle période d’incertitude économique. Banques alimentaires Canada appuie l’engagement du gouvernement du Canada à bâtir un pays plus fort et plus résilient.
Toutefois, les conséquences des nouveaux tarifs douaniers américains et des perturbations économiques ne seront pas ressenties de manière égale. La hausse des prix et les pertes d’emploi potentielles toucheront plus durement les personnes qui peinent déjà à joindre les deux bouts.
Une personne sur quatre au Canada vit déjà une situation d’insécurité alimentaire. Par ailleurs, la proportion de la population qui se dit en situation de stress financier est passée de 30 % à 44 % au cours des deux dernières années. Le taux de chômage est demeuré supérieur à 6 % depuis plus de deux ans, les jeunes étant touchés par un taux de chômage qui est environ deux fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population.
Les gens éprouvent déjà des difficultés. Un nouveau choc économique exercerait une pression supplémentaire sur les ménages qui n’ont presque plus de marge de manœuvre dans leur budget.
Un Canada touché par l’insécurité alimentaire est un Canada divisé
Le gouvernement du Canada a souligné que le pays doit devenir plus résilient, en misant davantage sur ce que nous pouvons contrôler et développer ici même, chez nous.
Nous sommes du même avis. Toutefois, la force économique ne se mesure pas uniquement à la croissance, à l’emploi ou au commerce. Un Canada fort est un Canada où les gens ont accès aux revenus et aux biens essentiels dont ils ont besoin pour résister aux chocs économiques. L’insécurité alimentaire permet de mesurer si c’est le cas.
Les recherches de Banques alimentaires Canada montrent que les personnes en situation d’insécurité alimentaire sont beaucoup plus susceptibles de déclarer un état de santé général et mentale moins bon, des niveaux de stress plus élevés et un sentiment d’appartenance plus faible à leur communauté. Lorsque les gens n’ont pas les moyens de répondre à leurs besoins essentiels, les conséquences dépassent largement le cadre du ménage. Elles nuisent à la résilience et à la cohésion des collectivités partout au pays.
C’est pourquoi la réponse du Canada à cette période d’incertitude doit comprendre un renforcement des mécanismes de soutien qui protègent les gens en cas de chocs économiques.
Le Canada doit renforcer ses mesures de soutien du revenu
La priorité la plus immédiate devrait être une réforme permanente de l’assurance-emploi.
Le marché du travail canadien a changé, mais l’assurance-emploi n’a pas suivi le rythme. Trop de travailleurs occupant un emploi à temps partiel, saisonnier, temporaire, contractuel ou d’autres formes d’emploi atypique ont de la difficulté à obtenir du soutien lorsqu’ils perdent leur emploi. Il s’agit d’un problème en tout temps, mais les circonstances actuelles en accentuent l’urgence.
Le Canada a besoin d’un régime d’assurance-emploi capable de protéger les travailleurs en période d’incertitude économique. Banques alimentaires Canada réclame une réforme permanente visant à élargir l’accès au programme, à améliorer l’adéquation des prestations et à faire en sorte que le régime reflète les réalités de la main-d’œuvre d’aujourd’hui.
Banques alimentaires Canada accueille favorablement le programme de soutien de 7,5 milliards de dollars annoncé cette semaine par le gouvernement fédéral, y compris la prolongation ou la mise en place de plusieurs mesures temporaires liées à l’assurance-emploi qui apporteront un soutien concret aux travailleuses et travailleurs touchés par les perturbations commerciales actuelles.
Cependant, le besoin de mettre en place une nouvelle série de mesures est un signal d’alarme. Le régime d’assurance-emploi du Canada continue d’exiger des bonifications d’urgence chaque fois que l’économie subit un choc, plutôt que de fonctionner comme un filet de sécurité durable. Il ne s’agit pas d’un plan de résilience à long terme, mais d’une gestion de crise qui se répète tous les quelques ans. Si le Canada veut véritablement bâtir une force durable, ces mesures temporaires devraient servir de point de départ à une réforme permanente.
Au-delà de l’assurance-emploi, l’insuffisance de l’aide sociale demeure un facteur important de pauvreté et d’insécurité alimentaire chez les personnes en dehors du marché du travail.
Le Canada doit aussi bâtir un système alimentaire plus résilient
Le revenu demeure le principal facteur de l’insécurité alimentaire, mais le prix et la disponibilité des aliments comptent également, surtout à une époque où les prix des denrées sont influencés par les changements climatiques, les conflits mondiaux et d’autres facteurs échappant au contrôle du Canada.
Si le Canada souhaite réellement réduire sa vulnérabilité aux chocs externes, il doit renforcer les infrastructures qui soutiennent son système alimentaire national. Cela implique notamment d’investir dans les banques alimentaires, qui seront inévitablement appelées à répondre aux besoins d’un nombre croissant de personnes jusqu’à ce que cette crise prenne fin.
Bâtir un Canada fort, c’est bâtir un Canada qui n’oublie personne
Si nous voulons bâtir un Canada fort, nous devons renforcer les mesures de soutien du revenu qui aident la population à traverser les chocs économiques, tout en investissant dans les infrastructures alimentaires qui rendent notre pays plus résilient.
Le Canada peut traverser cette période difficile. Mais bâtir un Canada fort, c’est veiller à ce que chacun et chacune dispose de la sécurité nécessaire pour la traverser avec nous.