Des compromis impossibles : Le Bilan-Faim 2026 Lire le rapport.

« Marchez à nos côtés » : soutenir les programmes alimentaires dans le Nord 

Après avoir grandi en famille d’accueil, « Kelsey » est retournée chez elle, dans sa communauté, la nation Kwadacha (aussi connue sous le nom de Fort Ware), dans le nord de la Colombie-Britannique, alors qu’elle était jeune adulte. Comme beaucoup d’autres personnes dans des situations semblables, elle n’était pas habituée à vivre dans un village isolé et ne savait pas comment s’y intégrer. 

Ses débuts en emploi dans un programme qui fournissait des repas aux Aîné·es afin de leur fournir suffisamment à manger et à partager avec leur famille a marqué le commencement d’un changement progressif. « Semaine après semaine, elle s’est jointe à l’équipe de santé et de bien-être dans la cuisine, écrit Jennifer Burns, directrice de la Famille et du Développement social de la Nation Kwadacha, dans un rapport à Banques alimentaires Canada. Elle a appris à préparer des mets traditionnels tout en riant aux côtés des Tantes de la communauté, pour ensuite livrer ces repas en porte à porte. Les Aîné·es l’ont accueillie chaleureusement et lui ont offert des mots d’encouragement, des histoires de leur propre jeunesse et des enseignements sur la résilience, la communauté et l’estime de soi. Cette jeune femme a commencé à se voir différemment. Elle parle maintenant de la façon dont ces après-midi avec les Aîné·es lui ont donné de l’espoir, du ressourcement et un sentiment d’appartenance qu’elle n’avait pas ressenti depuis des années. » 

Quelques années plus tôt, « Kelsey » n’aurait pas été en mesure d’aider à préparer les repas, puisque ce travail devait s’effectuer à plus de 500 kilomètres au sud, à Prince George. Toutefois, en 2025, la Nation Kwadacha a renforcé la capacité de préparer des repas sur place grâce à une subvention du Fonds pour la sécurité alimentaire dans le Nord de Banques alimentaires Canada. « Cela a permis aux Aîné·es de recevoir des aliments frais, chauds et culturellement adaptés, comme des soupes, des ragoûts, du poisson et du gibier traditionnel, chaque fois qu’il était possible de leur offrir ces options », écrit Mme Burns. Les Aîné·es ont déclaré une meilleure alimentation, une plus grande satisfaction à l’égard de la fraîcheur et du goût de leurs repas, et un sentiment renouvelé d’appartenance à la communauté et à la culture. » 

Ce ne sont pas seulement les bénéficiaires des repas qui ont tiré parti du changement. « Il a également créé des emplois locaux et permis l’acquisition de nouvelles compétences en manipulation des aliments, en planification des menus et en exploitation de la cuisine », poursuit Mme Burns. Le personnel embauché a acquis une expérience pratique qui peut maintenant être appliquée dans la nouvelle cuisine communautaire en cours d’aménagement. » Grâce aux liens qu’ils créent avec la culture, la communauté, la santé physique, la santé mentale et l’économie locale, les services de repas destinés aux Aîné·es et d’autres types de programmes alimentaires répondent à de nombreux besoins à Kwadacha, et dans les communautés du Nord en général. 

Le Fonds pour la sécurité alimentaire dans le Nord de Banques alimentaires Canada investit dans ces initiatives dirigées localement afin d’aider les gens entreprenants (les « championnes et champions de l’alimentation ») à concrétiser leur vision de la sécurité alimentaire pour leurs communautés. 
 

Le Centre communautaire d’alimentation de Turnor Lake et Birch Narrows, dans le nord de la Saskatchewan, offre un programme qui enseigne des compétences culinaires aux enfants, qui apportent fièrement à la maison des repas indispensables à leur famille.

La faim est disproportionnellement élevée dans le Nord : par exemple, plus de la moitié de la population du Nunavut ne dispose pas d’un accès sécuritaire à des aliments adéquats. Les raisons de cette crise complexe comprennent les injustices historiques, les défis liés à l’expédition des aliments, les prix incroyablement élevés dans les épiceries et, de plus en plus, les changements climatiques. 
 « Les plus grands besoins comprennent la capacité, l’infrastructure et la pérennité [du programme], affirme Jay Stevens, gestionnaire du Programme du Nord chez Banques alimentaires Canada. Ce sont tous des thèmes communs mentionnés lors de nos discussions avec des équipes du Nord. » 

Au cours du dernier exercice financier, le Fonds pour la sécurité alimentaire dans le Nord a distribué 4 millions de dollars à 75 organismes du Nord, grâce à des bailleurs de fonds comme Enterprise Mobility et la Fondation Rossy. Leurs généreux investissements renforcent des projets qui vont de la mise en place de banques alimentaires aux programmes de cueillette, ce qui contribue à faire progresser la vision d’une région où chaque personne a la nourriture dont elle a besoin. 

Favoriser la santé, l’autonomisation et la souveraineté alimentaire 

Entre 2013 et 2026, Sirivik, un organisme à but non lucratif d’Inukjuak, au Nunavik (nord du Québec), est passé d’un petit groupe de bénévoles qui livrent des repas une fois par mois aux ménages les plus vulnérables de la communauté à un centre alimentaire bien équipé dont la programmation quotidienne est largement appréciée des 2 000 personnes qui habitent le village. Sirivik compte maintenant bâtir un avenir où toute la population de la région du Nunavik est en santé, autonome et souveraine sur le plan alimentaire. 

Dépourvu d’établissement immobilier à ses débuts, l’organisme exerce maintenant ses activités à partir d’une installation dotée d’une cuisine communautaire, d’une salle à manger et d’une serre quatre saisons. En plus d’offrir un soutien alimentaire d’urgence, il gère un programme sur le territoire appelé Ulluriat, qui organise la cueillette d’aliments traditionnels, un programme agricole, un programme de halte sans rendez-vous qui brise l’isolement et sert des collations saines, des cours de cuisine et des repas communautaires réguliers. 

« Notre approche relie tous nos programmes, explique l’organisme dans un rapport remis à Banques alimentaires Canada. Les personnes qui participent à un programme pourraient bénéficier d’un autre programme ou y contribuer. Par exemple, Ulluriat pourrait organiser la cueillette des aliments traditionnels qui seront utilisés ou servis dans un cours de cuisine ou un repas communautaire. » 
 
Le cœur et la force motrice de Sirivik — nommé en l’honneur d’une expression utilisée en inuktitut pour exprimer sa gratitude et son enthousiasme avant de partager un repas — sont les gens qui le dirigent et l’utilisent. Banques alimentaires Canada, la Fondation Rossy, Enterprise Mobility et d’autres entités bienfaitrices du Fonds pour la sécurité alimentaire dans le Nord ont également joué un rôle dans l’évolution de Sirivik, qui est passé d’un modeste service de livraison de repas à une soupe populaire fiable, pour enfin se transformer en un centre alimentaire ambitieux. Le Fonds a été utilisé au fil des ans pour approvisionner Sirivik en motoneiges pour la chasse, pour l’équipement de serre, et pour l’approvisionnement et le transport de denrées alimentaires destinées aux programmes de soutien alimentaire d’urgence, de repas communautaires et de halte sans rendez-vous. 

Des membres du personnel de Banques alimentaires Canada ont récemment eu l’occasion de visiter Sirivik et de rencontrer divers responsables et membres de la communauté dans le cadre des efforts continus visant à établir des relations personnelles dans les communautés du Nord et à faire le pont entre ces dernières et un réseau de soutien plus vaste qui les aidera à relever des défis comme l’expansion de leurs activités. 

« Grâce au soutien continu de ses partenaires, de sa communauté et de ses bailleurs de fonds, Sirivik contribue à la sécurité alimentaire à Inukjuak, écrit l’organisme à Banques alimentaires Canada. Nous vous invitons à continuer à vous engager auprès de nous et à marcher à nos côtés alors que nous poursuivons cette aventure. Chaque contribution nous aide à aller de l’avant et à accroître l’incidence de nos accomplissements. »