Jamais autant de personnes au Canada n’ont connu d’insécurité alimentaire auparavant, et le fait de répondre à ce besoin est l’un des plus grands défis auxquels font face les banques alimentaires du pays. Elles reçoivent maintenant plus de 2,2 millions de visites chaque mois. Cela représente plus de 26 millions d’interactions annuelles avec des personnes qui cherchent de l’aide alimentaire.
Même si tout le monde, surtout les banques alimentaires, souhaite que le besoin de l’existence des banques alimentaires soit un jour révolu, personne ne devrait avoir à se retrouver face à des tablettes vides après avoir eu le courage de demander de l’aide.
Toutefois, de nombreuses banques alimentaires atteignent leurs limites : 51 % déclarent avoir été forcés de donner moins de nourriture à chaque utilisateur qu’à l’habitude par manque de nourriture, tandis que 21 % déclarent avoir récemment manqué de nourriture avant de répondre à la demande.
Banques alimentaires Canada s’attaque à ce défi urgent en collaborant avec les banques alimentaires, les personnes donatrices et les partenaires pour :
- augmenter la quantité de nourriture disponible pour le réseau de banques alimentaires du Canada;
- améliorer l’uniformité et la fiabilité de l’approvisionnement alimentaire dans toutes les communautés desservies par ce réseau, même s’il continue de s’étendre à un plus grand nombre de communautés!
Voici quelques faits sur la portée, la taille et la nature de ce travail que vous pourriez trouver remarquables :
1. Les banques alimentaires sont l’un des plus importants réseaux de distribution alimentaire au Canada.
Le réseau de banques alimentaires compte actuellement environ 5 500 points de distribution, soit plus que les quatre plus grands détaillants alimentaires du Canada réunis. En plus de ces sites réguliers, Banques alimentaires Canada peut acheminer de la nourriture à n’importe quelle communauté à l’intérieur de ses frontières en cas de demande urgente.
Lorsqu’il s’agit de se procurer des denrées alimentaires, les conserves recueillies lors des collectes de denrées locales ne représentent qu’une petite partie de l’histoire. Aussi importants et appréciés que soient les dons alimentaires des gens de la communauté, ils ne suffiraient malheureusement pas à eux seuls à répondre aux besoins du Canada en 2026.

Pour aider à augmenter le volume global de denrées, Banques alimentaires Canada fait l’acquisition de dons à grande échelle : par exemple, des dizaines de milliers de pots de beurre d’arachide ou tout autant de pommes de terre. Entre autres, au cours du dernier exercice, des partenariats nationaux et des programmes de récupération alimentaire ont permis aux banques alimentaires de récupérer 9 979 032 kilogrammes de nourriture dans les magasins de détail, 9 979 032 kilogrammes de nourriture provenant des fermes et 9 979 032 kilogrammes de nourriture provenant d’autres étapes de la chaîne d’approvisionnement, comme les fabricants et les grossistes. Cela a également permis de distribuer 215 000 sacs de denrées pour les enfants dans le besoin et facilité l’achat de 22,4 millions de dollars de denrées à prix réduit pour les banques alimentaires.
Cet exemple ne traite que la nourriture achetée à l’échelle nationale : les associations provinciales de banques alimentaires s’approvisionnent également en denrées alimentaires, tout comme les banques alimentaires locales et les organismes communautaires. Au total, plus de 154 221 406 kilogrammes de nourriture ont été distribués par le réseau de banques alimentaires du Canada en 2025. Cela aurait été à peu près suffisant pour fournir huit repas à chaque personne vivant au Canada! (En pratique, bien sûr, tout le monde n’a pas eu recours à une banque alimentaire.)
Veiller à ce que les denrées se déplacent harmonieusement dans le réseau de banques alimentaires est une entreprise complexe qui nécessite des ressources comme l’infrastructure de la chaîne du froid (la capacité de conserver les denrées périssables à une température sécuritaire pendant le transport ou l’entreposage), des carrefours régionaux où les denrées peuvent être reçues, divisées et réemballées, ainsi qu’une grande coordination.
En juin 2025, par exemple, une cargaison de nourriture était nécessaire à Clyde River, sur l’île de Baffin, au Nunavut. Le point de relais le plus proche pour le fret aérien est situé à environ 2 800 kilomètres au sud de Clyde River, à Ottawa. Banques alimentaires Canada a donc envoyé des produits alimentaires à la Banque d’alimentation d’Ottawa, qui les a bonifiés et qui a chargé le tout sur des palettes aux fins d’expédition. Après avoir pris des dispositions pour le transport par camion de la banque alimentaire à l’aéroport, Banques alimentaires Canada a collaboré avec le transporteur aérien et la municipalité de Clyde River pour s’assurer que les gens étaient prêts à recevoir les aliments et à les transporter à leur arrivée.
« Lorsque la logistique fonctionne bien, elle transforme la générosité en retombées, affirme Franciska Riehl, responsable de la distribution et de la logistique chez Banques alimentaires Canada. Qu’il s’agisse du transport de produits secs, de fruits et légumes frais ou de produits plus spécialisés, le transport en terrain variable à travers le pays peut être compliqué en raison de retards par camion et par train, de perturbations météorologiques, de feux de forêt ou de la difficulté d’atteindre les communautés éloignées et nordiques, entre autres. Malgré la complexité, l’objectif est toujours le même : acheminer les aliments jusqu’au lieu où ils sont le plus nécessaires. »

2. Le réseau de banques alimentaires fait de la transformation alimentaire.
Il y a assez de nourriture au Canada pour tout le monde. Malheureusement, elle ne se trouve pas toujours aux bons endroits ou dans les bons formats. Par exemple, beaucoup de surplus alimentaire de grande qualité est disponible dans les fermes, mais une grande quantité est perdue en raison de difficultés logistiques, surtout compte tenu de l’emplacement rural des fermes et de la courte durée de conservation des fruits et légumes frais. Cette réalité évolue alors que Banques alimentaires Canada et le réseau de banques alimentaires investissent dans la capacité de transformer les surplus des producteurs primaires en formats qui peuvent plus facilement être expédiés et distribués.
Par exemple, Moisson Montréal, un carrefour de distribution régional pour les banques alimentaires, a une chaîne d’emballage semi-automatisée de fruits et légumes qui peut emballer jusqu’à 1 000 kilos d’aliments frais ou surgelés par heure. Ce centre a également établi un partenariat novateur avec Les Fermes PB, une entreprise de transformation de la viande qui transforme ses garnitures de charcuterie en un plat de viande savoureux de longue conservation pour le réseau de plus de 300 organismes à but non lucratif de Moisson Montréal.
À Greener Village, une banque alimentaire établie à Fredericton, le nouveau Thrive Food Rescue Centre recevra d’importantes quantités de fruits et légumes frais excédentaires qui seraient autrement gaspillés. L’établissement rendra ces fruits et légumes frais « prêts pour les banques alimentaires » au moyen de processus comme le lavage, l’emballage, l’épluchage ou la congélation instantanée.
Harvest Manitoba, une association provinciale de banques alimentaires dont le siège social est situé à Winnipeg, élabore un projet semblable qui augmentera considérablement la capacité du réseau de banques alimentaires à récupérer et à transformer des denrées fraîches.
3. Les banques alimentaires paient généralement pour les aliments.
Les banques alimentaires ne pourraient pas fonctionner sans de généreuses personnes donatrices, mais la réalité est que, de nos jours, la plupart des banques alimentaires ne dépendent pas uniquement des dons. Un sondage de Banques alimentaires Canada révèle que 95 % des banques alimentaires ont dû acheter de la nourriture en 2025, ce qui représente une dépense médiane de 70 000 $. Selon notre estimation prudente, elles dépensent collectivement au moins 300 millions de dollars en nourriture par année.

Parfois, les banques alimentaires effectuent ces achats simplement pour avoir suffisamment de nourriture en général. Dans d’autres cas, elles recherchent des aliments particuliers qui ne sont pas souvent donnés. Il peut s’agir d’options pour les personnes ayant des besoins médicaux particuliers, comme le diabète, ou d’aliments culturellement significatifs recherchés par des personnes qui en connaissent les méthodes de préparation. D’autres fois, les banques alimentaires visent un mélange équilibré de groupes alimentaires ou tentent d’offrir un approvisionnement constant de produits de base à forte demande.
Banques alimentaires Canada aide les banques alimentaires à tirer le maximum de leur budget en négociant des prix exclusifs (habituellement réduits de 25 % à 50 %) auprès de fournisseurs réputés et en offrant une plateforme centralisée appelée Le Marché qui contient de l’information sur ces fournisseurs et leurs produits, ce qui permet aux banques alimentaires d’effectuer leurs achats de façon efficace et de tirer parti de prix préférentiels. Nos partenaires en matière de logistique contribuent aussi à ce programme en livrant les produits directement aux banques alimentaires.
« Cela signifie que tous les fonds recueillis ici, dans notre communauté, peuvent aller plus loin, rapporte le Saskatoon Food Bank and Learning Centre, au sujet de la commande auprès de l’un des fournisseurs de la plateforme Le Marché. Nous pouvons ainsi offrir aux familles dans le besoin des paniers alimentaires standardisés qui contiennent des aliments nutritifs et recherchés. Les familles ont besoin d’aliments polyvalents, riches en nutriments, et ces produits nous permettent de leur offrir. »
Banques alimentaires Canada crée également des occasions d’utiliser l’achat collectif pour obtenir des réductions de prix supplémentaires pour les banques alimentaires.
4. L’ensemble de l’entreprise repose sur les relations.
L’un des faits qui rendent les banques alimentaires uniques est que leur existence ne serait pas possible sans la générosité humaine. Partout au pays, les gens, les entreprises et les organismes fournissent des fonds, des produits, des services, du temps, un accès à l’infrastructure et une expertise pour aider à mettre suffisamment de nourriture à la disposition de toutes et tous, et pas seulement de ceux qui ont les moyens de l’acheter en tout temps.
Construire et maintenir les liens entre les différents contributeurs est un travail à part entière. Il peut s’agir de faire des présentations, de coordonner, de rendre compte, de reconnaître, de relever les défis et d’aider toutes les personnes concernées à voir la valeur et l’incidence de leur contribution.

« La particularité de ces chiffres [sur le volume alimentaire], c’est que rien de tout ça ne se produit de façon isolée, affirme Franciska Riehl. Chaque kilogramme de nourriture déplacé reflète les efforts d’un nombre incalculable de personnes : les personnes donatrices de denrées alimentaires ou de dons financiers, les partenaires de transport, les associations de banques alimentaires provinciales, les collègues de Banques alimentaires Canada, les carrefours de distribution des banques alimentaires et, bien sûr, les banques alimentaires elles-mêmes. »