Alors que l’été tire à sa fin, les enfants de partout au Canada se préparent à la rentrée. Alors que plusieurs transporteront des sacs à dos remplis de stylos, de papier, de livres et de tablettes, c’est ce qui se trouve dans leur ventre et leur boîte à lunch qui pourrait avoir la plus grande influence sur leur réussite.
Malheureusement, de nombreux élèves arrivent en classe le ventre vide.
Il s’agit d’un problème que connaît très bien l’Armée du Salut de Fort Frances, qui exploite une banque alimentaire dans le nord de l’Ontario. « De nombreuses familles de la communauté sont confrontées à des défis économiques, la hausse du coût des aliments ayant une incidence sur le bien-être des élèves », a déclaré l’organisme dans un rapport à Banques alimentaires Canada. « Les écoles signalent une demande accrue pour des programmes de repas scolaires, car la faim nuit à l’apprentissage. »
Fort Frances n’est pas la seule communauté à connaître cette réalité. En 2024, 27 % des familles biparentales avec enfants au Canada ont connu un certain niveau d’insécurité alimentaire. Cette statistique s’élève à 44 % chez les familles monoparentales. Un tiers des clients des banques alimentaires du pays sont des enfants de moins de 18 ans.
C’est en partie la raison pour laquelle, en 2024, le gouvernement du Canada a annoncé son Programme national d’alimentation scolaire, qui investirait 1 milliard de dollars sur cinq ans dans des programmes d’alimentation dans les écoles par l’entremise des provinces, des territoires et des partenaires autochtones. En 2025, ce programme est devenu permanent.
En date de cette année scolaire (2026-2027), environ 80 % des écoles publiques du Canada – y compris toutes celles de l’Î.-P.-É, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick – offrent des programmes d’alimentation gratuits ou abordables aux élèves. Le gouvernement fédéral vise à renforcer ces progrès et aider à combler les lacunes restantes à mesure que le Programme national d’alimentation scolaire se poursuit.

De nombreux programmes d’alimentation scolaire – provinciaux, territoriaux, régionaux ou locaux – contrôlent les coûts et renforcent la communauté en établissant des partenariats avec des organismes sans but lucratif, comme les banques alimentaires, qui fournissent la nourriture ou préparent les repas.
Un exemple de la façon dont cela peut fonctionner est La Cantine pour tous, actif dans 263 écoles au Québec. Cet organisme administre des programmes de dîners scolaires où les parents paient chaque repas à la mesure de leurs moyens (entre 1 $ et 6 $ ou plus si les familles sont disposées à offrir un soutien supplémentaire). Les familles qui ont commandé des repas sont consignées, mais le montant qu’elles ont payé ne l’est pas : cela aide le programme à éviter de stigmatiser les élèves.
Parmi les partenaires de La Cantine pour tous, on compte des banques alimentaires, comme Moisson Beauce au sud de Québec. La banque alimentaire fournit des repas aux écoles de la région et reçoit des frais constants pour les services de La Cantine pour tous, qui recueille des fonds pour combler la différence si le soutien gouvernemental et les paiements des familles ne couvrent pas les frais. Moisson Beauce investit ses modestes profits dans ses programmes d’aide alimentaire destinés aux personnes dans le besoin. Tout le monde y gagne.
C’est pourquoi, en complément du Programme national d’alimentation dans les écoles, Agriculture et Agroalimentaire Canada a lancé le Fonds pour l’infrastructure alimentaire scolaire (FIAS), qui investit dans des infrastructures et de l’équipement permettant à des organismes comme Moisson Beauce d’améliorer et d’accroître leur contribution aux programmes d’alimentation dans les écoles.
En 2025, Banques alimentaires Canada a été choisi pour distribuer 1,6 million de dollars en soutien au FIAS. La somme a été accordée à 24 banques alimentaires et organismes communautaires. Les fonds ont servi à :
- accroître la capacité des banques alimentaires à fournir des denrées aux programmes scolaires locaux;
- améliorer la disponibilité d’aliments nutritifs et culturellement appropriés dans ces programmes;
- élargir la portée et l’incidence de ces programmes.
Au total, ces investissements se sont traduits en nutrition immédiate et récurrente pour plus de 8 000 élèves supplémentaires tout en renforçant la capacité alimentaire communautaire à long terme.
L’Armée du Salut à Fort Frances est l’un des organismes qui ont reçu une partie de ces fonds. Avant de recevoir une subvention du FIAS, les bénévoles utilisaient leur véhicule personnel pour transporter de la nourriture, ce qui limitait la quantité et le type d’aliments qui pouvait se rendre aux programmes alimentaires scolaires. Grâce à l’achat d’un véhicule de livraison spécialisé, l’Armée du Salut a pu augmenter la quantité et la qualité des aliments fournis, livrant ainsi plus de quatre fois plus de repas aux élèves dans le besoin.
L’Armée du Salut de Fort Frances affirme que le financement du FIAS a joué un rôle essentiel dans la réduction de l’insécurité alimentaire chez les élèves de la communauté. L’organisme signale que dans une école primaire, les élèves qui arrivaient auparavant à la faim étaient nettement plus engagés et concentrés une fois que les mesures de soutien alimentaire ont été mises en place. Un membre du personnel de l’école a déclaré : « Nous avons constaté un changement : les élèves sont plus calmes, plus aptes à se concentrer et plus disposés à participer en classe avec le ventre plein. »
Accès et qualité
Les recherches démontrent que l’accès aux aliments est important dans un contexte d’apprentissage. Lorsque les enfants ont faim à l’école, leur niveau d’énergie, leur mémoire, leurs compétences en résolution de problèmes et d’autres fonctions cognitives sont tous affectés négativement. Une bonne alimentation améliore aussi la fréquentation scolaire. Par exemple, une étude menée auprès des élèves de maternelle à New York a révélé que l’accès à des repas gratuits à l’école réduisait l’absentéisme chronique de 5,4 %.
Les types d’aliments fournis sont également importants. Les habitudes alimentaires au Canada laissent à désirer. Les enquêtes sur la santé de Statistique Canada montrent que seule une minorité de personnes – y compris les enfants – consomment la quantité recommandée de fruits ou de légumes chaque jour.
Grâce au FIAS, les banques alimentaires et les organismes communautaires s’efforcent non seulement de fournir suffisamment de nourriture aux élèves, mais aussi les bons types d’aliments pour stimuler l’apprentissage et le développement.
« Avant que la banque alimentaire reçoive le nouveau réfrigérateur et congélateur, notre programme de livraison scolaire devait souvent limiter les produits frais en raison du manque d’espace d’entreposage », rapporte Ardis Proulx-Chedore, de la Cochrane Food Bank, à Cochrane, en Ontario. « Depuis l’installation, nous avons pu garder à portée de main de plus grandes quantités de fruits, de légumes, de produits laitiers et de collations préparées et les livrer systématiquement aux écoles. »
Une éducatrice d’une école desservie par la banque alimentaire de Cochrane a déclaré : « La différence est remarquable. Les élèves qui sautaient le déjeuner ont maintenant accès à des denrées fraîches chaque jour, et nous constatons des améliorations dans leur concentration et leur comportement. »
« Grâce au FIAS, nous avons constaté une réduction importante de l’insécurité alimentaire dans notre quartier », rapporte Samantha Campbell, de Moosomin Food Share, à Moosomin, en Saskatchewan. « Les familles qui avaient du mal à préparer des repas équilibrés ont maintenant accès à des produits frais et locaux, ce qui a amélioré leur santé et leur stabilité financière. »
Banques alimentaires Canada collabore également avec les banques alimentaires de partout au pays pour offrir un soutien alimentaire aux enfants pendant les mois d’été, lorsque les programmes de repas scolaires ne sont pas disponibles. Cliquez ici pour en savoir plus sur notre programme Après la cloche.