Le Canada a aujourd’hui une occasion générationnelle de réduire la pauvreté— consultez les bulletins sur la pauvreté de Banques alimentaires Canada.

SONDAGE AUPRÈS
DE LA POPULATION

Du point de vue des pairs à un sondage
auprès de la population : défis et possibilités
pour les personnes en situation d’insécurité
alimentaire qui occupent un emplo

 

Table des matières

Introduction

En 2024, Banques alimentaires Canada (BAC) a mené une étude communautaire pour analyser l’insécurité alimentaire chez les personnes qui occupent un emploi. Cette étude a mis en évidence le nombre croissant de personnes qui, malgré leur participation au marché du travail, continuent de peiner à se procurer une nourriture adéquate en raison de l’augmentation du coût de la vie, des salaires faibles ou instables, et de l’accès limité aux mesures de soutien. En s’appuyant sur ces constatations, BAC a ensuite entrepris une enquête axée sur la population afin d’évaluer la prévalence et la répartition des expériences d’insécurité alimentaire dans un échantillon plus vaste et de mieux comprendre à quel point les défis sont répandus chez les ménages qui travaillent. En parallèle, les deux études fournissent des renseignements complémentaires, combinant des perspectives qualitatives approfondies à des données au niveau de la population pour éclairer les réponses en matière de politiques et de programmes. Les conclusions de notre projet sur les défis auxquels font face les personnes qui travaillent et qui vivent de l’insécurité alimentaire ont envoyé un message clair : les gens se sentent piégés.  

L’abordabilité des biens et services de base fait partie des raisons clés. De nombreuses personnes se sentent coincées dans un cercle vicieux en essayant de joindre les deux bouts dans une crise incessante de l’abordabilité. Toutefois, l’abordabilité n’est qu’un des nombreux défis interreliés sur le marché du travail et hors de celui-ci. 

Ces défis comprennent un écart croissant entre les salaires et le coût de la vie, des coûts prohibitifs liés à l’emploi, comme le transport (pour les déplacements quotidiens) et la garde d’enfants, et un manque d’avantages sociaux et de sécurité d’emploi. De plus, bon nombre des participants au projet ont souligné qu’ils n’avaient pas droit aux prestations gouvernementales parce qu’ils se trouvaient dans une zone grise, en raison d’idées reçues désuètes selon lesquelles un emploi garantit stabilité financière, sécurité et revenus suffisants pour échapper à la pauvreté. 

Afin d’explorer la mesure dans laquelle les thèmes, les perspectives et les observations découlant des entrevues dans le cadre du projet de recherche communautaire s’appliquaient à la population générale du Canada, nous avons utilisé nos constatations pour l’élaboration d’une enquête nationale auprès d’un échantillon de 10 000 personnes. Grâce à ce grand échantillon, nous avons pu segmenter la population de façon fiable afin d’examiner de plus près les personnes qui vivent de l’insécurité alimentaire, leur situation d’emploi et d’autres caractéristiques démographiques comme l’identité raciale, la durée de leur séjour au Canada, 
le niveau de revenu et la classification des emplois. 

Les résultats ont montré qu’une grande partie de la population vit probablement les conditions qui, selon les répondants au projet de recherche communautaire, font qu’ils se sentent « piégés ». Un répondant sur trois du sondage auprès de la population a déclaré éprouver des difficultés financières et près de 40 % sont à risque d’être en situation d’insécurité alimentaire. Les taux sont plus élevés chez certains groupes comme les jeunes, les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC), les nouveaux arrivants au Canada, les personnes en situation de handicap et les cols bleus. 

La majorité des répondants de la recherche communautaire et de l’étude auprès de la population ont un emploi. Près de la moitié des personnes en situation d’insécurité alimentaire occupent un emploi à temps plein. Les principaux enjeux mis en lumière par le projet de recherche communautaire qui contribuent au sentiment d’être piégé, comme la hausse du coût de la vie, les bas salaires et les coûts élevés des déplacements quotidiens, sont également ressortis lors de l’enquête auprès de la population, et ils étaient particulièrement aigus chez les personnes souffrant d’insécurité alimentaire. Des constatations semblables ont émergé en ce qui concerne les obstacles à l’accès ou au maintien d’un emploi de qualité, les possibilités d’emploi limitées, les handicaps ou les problèmes de santé, et le manque d’accès à la formation ou à l’éducation, qui montrent une prévalence élevée chez les personnes en situation d’insécurité alimentaire. De plus, les coûts de transport sont mentionnés comme un obstacle majeur à l’emploi près de deux fois plus souvent par les personnes en situation d’insécurité alimentaire que par les autres. 

Quelle que soit l’ampleur des difficultés financières ou de l’insécurité alimentaire vécues, 
il existe un soutien public quasi universel de politiques gouvernementales visant à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Les sentiments exprimés par les participants au projet de recherche communautaire ont été repris haut et fort par la population générale, en particulier par les personnes qui vivent de l’insécurité alimentaire. Les idées de rendre le logement plus abordable, d’améliorer l’accès aux aliments, d’élargir l’accès à des emplois et à une formation de qualité et d’introduire des approches novatrices de réduction de la pauvreté bénéficient d’un soutien solide, surtout chez les répondants souffrant d’insécurité alimentaire. 

Les résultats de l’étude renforcent l’urgence de la situation – les forces motrices de l’insécurité alimentaire doivent être prises en compte plus tôt que tard – et mettent en lumière les principaux facteurs de stress et les obstacles auxquels font face les populations en situation d’insécurité alimentaire, y compris celles qui occupent un emploi. De plus, les résultats montrent comment les perspectives des pairs peuvent compléter les enquêtes nationales et résonner à l’échelle nationale et nous rappeler l’importance d’ancrer la recherche dans l’expérience vécue et dans la communauté. 

Méthodologie 

Le tableau 1 présente la méthodologie de l’enquête, la répartition régionale des réponses et le nombre de personnes qui y ont répondu.  

Tableau 1. Méthodologie de l’étude et distribution des réponses

Période de réalisation du sondage Du 24 février au 29 mars 2025
Échantillonnage Sondage bilingue en ligne auprès d’un échantillon choisi de façon aléatoire de 10 004 Canadiennes et Canadiens adultes (18 ans et plus).
Fiabilité À titre indicatif, l’échantillon probabiliste de cette taille comporte une marge d’erreur de ± 3,1 %, 19 fois sur 20. La marge d’erreur est plus grande pour les sous-segments.
Pondération Les données ont été pondérées à l’aide des données de recensement sur la langue, le genre, l’âge et la région les plus récentes, afin de s’assurer que l’échantillon reflète la population réelle de Canadiennes et Canadiens adultes.

Répartition régionale

Région Nombre d’échantillons non pondérés
Colombie-Britannique 1,327
Alberta 1,130
Manitoba/Saskatchewan 349/291
Ontario 3,801
Quebec 2,420
New Brunswick 218
Nouvelle-Écosse 277
Île-du-Prince-Édouard 38
Terre-Neuve-et-Labrador 149

Échantillon clé ciblé

Catégorie Nombre d’échantillons non pondérés
Jeunes (18-30 ans) 1,849
Personnes noires/de couleur 659/264
Autochtones 640
Nouveaux Canadiens (5 ans ou moins) 463
Faible revenu 2,627
Faible niveau de scolarité 2,160
Milieu rural canadien 1,612
Population ouvrière 5,206
Personnes en situation de handicap (physique/mental/santé) 865/1,408/580
Adultes vivant seuls 3,054

Réalité financière et facteurs de stress 

Une proportion importante de Canadiens éprouvent des difficultés financières. Une personne sur trois déclare que le revenu de son ménage n’est pas suffisant et qu’elle se sent épuisée ou éprouve des difficultés. Cela soulève une préoccupation générale au sujet de la sécurité financière d’une grande partie de la population. 

La figure 1 illustre l’importance des difficultés financières chez les répondants au sondage, 
et la figure 2 montre les principales causes de ces difficultés chez ceux qui se sentent financièrement débordés. 

Figure 1

Lequel des énoncés suivants décrit le mieux le revenu de votre ménage à l’heure actuelle? (N = 10 004)


Suffisant pour vouse permettre d'économiser
26%
Tout juste suffisant pour ne pas éprouver de problèmes majeurs
38%
Pas suffisant et vous vous sentez dépassé
23%
Pas suffisant et vous éprouvez des difficultés
10%

26%
38%
23%
10%
Suffisant pour vouse permettre d'économiser
Tout juste suffisant pour ne pas éprouver de problèmes majeurs
Pas suffisant et vous vous sentez dépassé
Pas suffisant et vous éprouvez des difficultés

Les principales sources de stress financier des participants au sondage sont le coût de la vie, suivi du coût de la nourriture et du logement (en particulier le loyer). (Voir la figure 2.) 

Figure 2

Selon vous, quelles sont vos principales principales sources de stress financier? (3N = 3 366)


Le coût de tout est trop élevé
85%
Coût de la nourriture trop élevé
82%
Loyer et coûts du logement trop élevés
60%
Factures de services publics
52%
Impôts élevés
51%
Impôts élevés
38%
Problèmes d’emploi
37%
Mauvaise gestion gouvernementale
30%
Programmes de soutien gouvernementaux insuffisants
26%
Manque de soutien aux personnes en situation de handicap
15%
Manque d’options de garde d’enfants
6%
Autre
5%

85%
82%
60%
52%
51%
38%
37%
30%
26%
15%
6%
5%
Le coût de tout est trop élevé
Coût de la nourriture trop élevé
Loyer et coûts du logement trop élevés
Factures de services publics
Impôts élevés
Impôts élevés
Problèmes d’emploi
Mauvaise gestion gouvernementale
Programmes de soutien gouvernementaux insuffisants
Manque de soutien aux personnes en situation de handicap
Manque d’options de garde d’enfants
Autre

Insécurité alimentaire 

Définition de l’insécurité alimentaire 

Comme dans la partie de recherche communautaire de l’étude, les participants qui ont répondu par l’affirmative à deux questions ou plus sur l’échelle abrégée de l’insécurité alimentaire à six éléments (voir tableau 2) sont considérés comme souffrant d’insécurité alimentaire. Cet outil est inspiré du formulaire abrégé à six éléments du Module d’enquête sur la sécurité alimentaire des ménages élaboré par l’Economic Research Service du ministère de l’Agriculture des États-Unis (USDA) (Economic Research Service, 2012)1

Le module de six éléments est une version abrégée de la mesure initiale de 18 éléments et il a été largement utilisé dans les recherches américaines et canadiennes. Au Canada, le module complet de 18 éléments a été adapté et mis en œuvre par Santé Canada et Statistique Canada pour les enquêtes nationales, avec un libellé et un cadre conceptuel similaires. (Nos estimations de l’insécurité alimentaire ne sont pas entièrement comparables à celles de l’Enquête canadienne sur le revenu [ECR] ou de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes [ESCC])2

Tableau 2. Échelle de l’insécurité alimentaire à six éléments

Questions de l’indice d’insécurité alimentaire Réponses affirmatives indiquant des difficultés
La nourriture que nous avons achetée n’a pas duré assez longtemps et notre budget ne nous a pas permis d’en acheter davantage. « Parfois » ou « souvent »
Mon/notre budget ne me/nous permettait pas de manger des repas équilibrés. – Cela a-t-il été souvent, parfois ou jamais vrai pour vous ou votre ménage au cours des 12 derniers mois? « Parfois » ou « souvent »
Au cours des 12 derniers mois, depuis le mois d’avril dernier, est-ce que vous ou d’autres adultes de votre ménage avez/ont réduit ou sauté des repas en raison d’un manque de nourriture? « Oui »
À quelle fréquence cela s’est-il produit? – Presque tous les mois, certains mois, mais pas tous les mois, ou seulement pendant un ou deux mois? « Presque tous les mois » ou « certains mois, mais pas tous les mois »
Au cours des 12 derniers mois, avez-vous dû réduire vos portions en raison d’un manque de nourriture? « Oui »
Au cours des 12 derniers mois, avez-vous déjà souffert de la faim, mais n’avez pas mangé faute d’argent? « Oui »

Taux d’insécurité alimentaire selon le sondage national auprès de la population 

Les conclusions de l’étude nationale auprès de la population dressent un portrait saisissant de l’insécurité alimentaire au Canada : près de 40 % des Canadiens souffrent d’insécurité alimentaire. Ces chiffres soulignent que les problèmes d’abordabilité sont généralisés et nuisent à la capacité de nombreux Canadiens de répondre à leurs besoins nutritionnels de base. 

Ils mettent également en lumière un enjeu national urgent. L’insécurité alimentaire ne touche pas seulement les personnes sans emploi ou sans logement. Elle affecte un large éventail de Canadiens, en particulier les jeunes, les communautés de PANDC, les nouveaux arrivants au Canada, les personnes en situation de handicap et les cols bleus. 

Qui vit de l’insécurité alimentaire? 

Le tableau 3 donne un aperçu de la proportion de répondants qui vivent de l’insécurité alimentaire, ventilée selon le statut d’emploi. 

Près de la moitié des répondants au sondage travaillaient à temps plein, tout comme près de la moitié de la population souffrant d’insécurité alimentaire. Cette tendance se répète dans la plupart des catégories d’emploi, à l’exception notable des personnes sans emploi qui cherchent un emploi, un groupe qui présente un pourcentage beaucoup plus élevé de personnes en situation d’insécurité alimentaire, et des personnes à la retraite, un groupe qui présente un pourcentage beaucoup plus faible de personnes en situation d’insécurité alimentaire. 
(Les répondants pouvaient cocher plus d’une catégorie.) 

Tableau 3. Statut d’emploi de tous les répondants et des répondants en situation d’insécurité alimentaire (module à six éléments) (%)

Statut d’emploi % de tous les répondants (N = 10 004) Total respondents (N=10,0004) % des répondants en situation d’insécurité alimentaire (N = 3 944)
Employé à temps plein 46 48
Employé à temps partiel 11 14
Travailleur autonome 7 7
Sans emploi et à la recherche d’un emploi 5 8
Sans emploi et non à la recherche d’un emploi 4 5
Employé occasionnel/journalier/sur appel 1 1
Étudiant à temps plein 6 8
Étudiant à temps partiel 1 2
À la retraite 24 13
En congé parental 1 2

Prévalence de l’insécurité alimentaire et du recours aux banques alimentaires dans les sous-groupes 

Les tableaux 4 à 7 présentent les taux d’insécurité alimentaire et le recours aux banques alimentaires selon les catégories d’emploi, de démographie et de revenu.  

Le tableau 4 montre que les taux d’insécurité alimentaire sont élevés chez tous les groupes sur le marché du travail, mais qu’ils sont particulièrement élevés chez les personnes qui travaillent à temps partiel, qui ont des conditions de travail moins stables, qui sont en congé parental, 
qui sont des étudiantes à temps partiel ou qui sont sans emploi. Les personnes qui ont des modalités de travail plus précaires ou qui sont sans emploi sont plus susceptibles que les personnes appartenant à d’autres groupes d’avoir eu recours à une banque alimentaire. 

Tableau 4. Taux d’insécurité alimentaire (module à six éléments) et recours à une banque alimentaire, selon le statut d’emploi

Statut d’emploi Taux d’insécurité alimentaire (%) au sein de ce groupe % des personnes qui ont eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois
Tous les répondants 39 10
Employé à temps plein 41 8
Employé à temps partiel 50 16
Travailleur autonome 39 11
Sans emploi et à la recherche d’un emploi 64 27
Sans emploi et non à la recherche d’un emploi 58 23
Employé occasionnel/journalier/sur appel 49 18
Étudiant à temps plein 48 15
Étudiant à temps partiel 52 18
À la retraite 21 5
En congé parental 52 21

Le tableau 5 présente les taux d’insécurité alimentaire et de recours aux banques alimentaires chez les personnes qui occupent actuellement un emploi, ventilés selon diverses caractéristiques démographiques et de revenu. 

L’insécurité alimentaire et le recours aux banques alimentaires sont plus fréquents chez certains groupes : 

  • Jeunes adultes 
  • Personnes à faible revenu 
  • Nouveaux arrivants au Canada 
  • Personnes en situation de handicap 
  • Personnes ayant un faible niveau de scolarité 
  • Adultes seuls ayant des personnes à charge 
  • Cols bleus/classe ouvrière 
  • Personnes autochtones, noires ou de couleur 

Il est important de noter que certaines personnes appartiennent à plusieurs groupes. 

Tableau 5. Incidence de l’insécurité alimentaire (module à six éléments) parmi certains groupes, dans l’ensemble et parmi les personnes qui occupent actuellement un emploi

Total (%) Occupent actuellement un emploi (%) % des personnes qui ont eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois
Tous les répondants 39 42 10
Groupe d’âge
18 à 24 ans 52 53 16
25 à 29 ans 56 54 15
30 à 44 ans 48 46 14
45 à 54 ans 41 38 11
55 à 64 ans 31 31 7
65 ans et plus 19 20 3
Genre
Homme 39 42 11
Femme 39 42 10
Niveau de scolarité
Études secondaires ou moins 48 52 16
Diplôme d’études collégiales/professionnelles/techniques/métiers spécialisés 43 48 10
Diplôme universitaire ou de niveau supérieur 31 34 8
Revenu
< 50 k$ 61 58 24
50 k$ à < 100 k$ 41 49 9
100 k$ à < 150 k$ 29 33 4
> 150 k$ 18 20 2
Région habitée
Urbaine 42 45 13
Banlieue 35 38 8
Rurale 38 42 9
Identité raciale
Autochtone 52 52 21
Personne noire 59 58 23
Personne de couleur 53 52 21
Personne caucasienne/non racisée 33 37 8
État matrimonial
Marié(e) 32 38 7
Célibataire 50 49 15
Adulte seul avec personne à charge de moins de 18 ans 63 64 25
Adulte seul avec personne à charge de 18 ans et plus 57 58 20
Temps passé au Canada
Né(e) au Canada 37 39 9
Moins de deux ans 68 67 28
2 à 5 ans 60 58 25
6 à 9 ans 57 57 19
10 ans et plus 36 41 8
Handicap/problème de santé
N’a pas de handicap/problème de santé de longue durée 34 38 8
Handicap physique 55 61 20
Problème de santé mentale 59 57 21
Trouble cognitif ou d’apprentissage 62 60 19
Problème de santé chronique 43 46 13
Autre type de handicap/problème de santé 56 60 20

Le tableau 6 montre la prévalence de l’insécurité alimentaire dans divers segments du marché du travail. Aucun segment n’est épargné par l’insécurité alimentaire, mais les taux d’insécurité alimentaire sont plus élevés chez les cols bleus (comme ceux qui sont journaliers, ceux qui effectuent un travail manuel et ceux qui travaillent dans les secteurs de la construction, des services ou du commerce de détail). 

Tableau 6. Incidence de l’insécurité alimentaire (module à six éléments) selon le type d’emploi et la classification des emplois, dans la population et chez les personnes actuellement en emploi

Type/classification d’emploi Total par type/classification d’emploi (%) Occupent actuellement un emploi (%) % des personnes qui ont eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois
(%) Type d’emploi
Tous les répondants 39 42 10
Réceptionniste 50 52 11
Travail de journalier/manuel 55 53 18
Construction 58 57 24
Serveur/barman 63 66 24
Travailleur de première ligne 41 42 11
Vente au détail 53 55 16
Assemblage de fabrication 41 46 13
Garde d’enfants 51 51 15
Soutien administratif 40 43 7
Métiers spécialisés 44 48 10
Travailleur de la santé (infirmières, assistants médicaux, soutien personnel) 46 49 12
Autre emploi ouvrier 43 44 14
Enseignant 23 30 5
Professionnel débutant 41 38 9
Cadres intermédiaires 25 29 4
Haute direction 26 32 7
Directeur financier, directeur de l’exploitation, chef de la direction, DPT 29 34 7
Titre professionnel (avocat, ingénieur, etc.) 25 27 6
Autre classe professionnelle 36 39 10
Classification des emplois
Cols bleus/classe ouvrière 47 39 13
Professionnels/cols blancs 31 33 7

Stress financier lié à l’emploi et obstacles à un emploi de qualité 

Les Canadiens citent un éventail de défis liés à l’emploi qui contribuent directement au stress financier et à la difficulté d’assurer un gagne-pain stable. Parmi les causes les plus souvent signalées de difficultés financières, mentionnons la hausse des coûts de la vie, les revenus faibles sans augmentation des salaires et les coûts élevés des déplacements quotidiens. 
(Voir la figure 3.) Ces facteurs touchent de façon disproportionnée les personnes qui sont déjà aux prises avec l’insécurité alimentaire et aggravent leurs pressions financières quotidiennes. 

Figure 3

Quels aspects de votre situation d’emploi contribuent à votre stress financier, le cas échéant? (Canada : N = 10 004; En situation d’insécurité alimentaire : N = 3 921)

Population canadienne

Population en situation d’insécurité alimentaire


Hausse du coût de la vie, mais pas d’augmentation de salaire
43%
56%
Salaire peu élevé
25%
40%
Coût élevé de l’essence
21%
31%
Manque de possibilités
16%
26%
Manque d’avantages sociaux
15%
23%
Personne ou partenaire/ conjoint sans emploi
12%
21%
Heures irrégulières
10%
18%
Coût élevé du transport en commun pour les déplacements
9%
16%
Distance entre la maison et le travail
8%
11%
Heures inflexibles
7%
12%
Manque d’expérience
6%
11%
N’a pas les moyens de payer une formation ou une certification
6%
11%
Manque de mesures d’adaptation pour les personnes en situation de handicap
5%
9%
Retour forcé au travail après avoir travaillé de la maison
5%
7%
Manque de mesures de soutien pour les proches aidants
2%
4%

43%
56%
25%
40%
21%
31%
16%
26%
15%
23%
12%
21%
10%
18%
9%
16%
8%
11%
7%
12%
6%
11%
6%
11%
5%
9%
5%
7%
2%
4%
Hausse du coût de la vie, mais pas d’augmentation de salaire
Salaire peu élevé
Coût élevé de l’essence
Manque de possibilités
Manque d’avantages sociaux
Personne ou partenaire/ conjoint sans emploi
Heures irrégulières
Coût élevé du transport en commun pour les déplacements
Distance entre la maison et le travail
Heures inflexibles
Manque d’expérience
N’a pas les moyens de payer une formation ou une certification
Manque de mesures d’adaptation pour les personnes en situation de handicap
Retour forcé au travail après avoir travaillé de la maison
Manque de mesures de soutien pour les proches aidants

En ce qui concerne les obstacles à l’accès ou au maintien d’un emploi de qualité, les répondants ont souligné des possibilités d’emploi limitées, des handicaps ou des problèmes de santé, et le manque d’accès à une formation ou à une éducation adéquates. Ces obstacles suggèrent que de nombreux Canadiens sont non seulement mis à rude épreuve en raison de leurs conditions d’emploi actuelles, mais aussi confrontés à des obstacles systémiques lorsqu’ils tentent d’améliorer leur situation économique par un meilleur emploi. 

Parmi les personnes qui vivent de l’insécurité alimentaire, un groupe particulièrement vulnérable à un travail instable ou peu rémunéré, les problèmes sont plus graves, et bon nombre de ces personnes ont cerné des obstacles structurels et logistiques à la participation au marché du travail. (Voir la figure 4.) 

Figure 4

Quels sont les principaux obstacles qui vous empêchent de trouver ou de conserver un emploi de qualité? (Canada : N = 10 004; En situation d’insécurité alimentaire : N = 3 921)

Canada

Food Insecure


Limited job opportunities
28%
43%
Disability or health issues
13%
22%
Insufficient qualifications or training
13%
21%
Transportation challenges
9%
17%
Lack of childcare
4%
8%
Language barriers
4%
7%
Caregiving dependent adult
3%
5%

28%
43%
13%
22%
13%
21%
9%
17%
4%
8%
4%
7%
3%
5%
Limited job opportunities
Disability or health issues
Insufficient qualifications or training
Transportation challenges
Lack of childcare
Language barriers
Caregiving dependent adult

Les répondants ont également mentionné des interventions en matière de politiques qui pourraient appuyer leurs efforts pour obtenir ou conserver un emploi de qualité. 
(Voir la figure 5.) Par exemple, des formations mieux subventionnées pour les compétences recherchées, des services de garde abordables et de l’aide pour les coûts de transport 
(p. ex., subventions pour le transport en commun ou bons de transport). Il convient de souligner que les personnes en situation d’insécurité alimentaire étaient plus susceptibles d’accorder la priorité à l’aide pour les coûts de transport. Les services de garde d’enfants et les mesures de soutien au transport sont des méthodes clés pour réduire les coûts indirects d’emploi 
et permettre aux personnes ayant des ressources limitées de demeurer sur le marché du travail ou de l’intégrer. 

Figure 5

Selon vous, quelles politiques seraient les plus utiles pour vous aider à conserver un emploi de qualité? (Canada : N = 10 004; En situation d’insécurité alimentaire : N = 3 921)

Population canadienne

Population en situation d’insécurité alimentaire


Offrir une formation mieux subventionnée pour les compétences recherchées
46%
45%
Offrir des services de garde d’enfants abordables
36%
30%
Subventionner le transport collectif pour les personnes à faible revenu
36%
38%
Offrir des bons de transport aux travailleurs à faible revenu
30%
34%
Offrir un service universel de garde
27%
24%

46%
45%
36%
30%
36%
38%
30%
34%
27%
24%
Offrir une formation mieux subventionnée pour les compétences recherchées
Offrir des services de garde d’enfants abordables
Subventionner le transport collectif pour les personnes à faible revenu
Offrir des bons de transport aux travailleurs à faible revenu
Offrir un service universel de garde

Priorités nationales en matière de politiques gouvernementales 

Les participants au sondage national se sont dits très favorables à un éventail de politiques gouvernementales visant à lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. À l’échelle du pays, les mesures gouvernementales sont constamment appuyées (plus de 80 % dans tous les domaines proposés) ce qui souligne l’urgence de ces problèmes et le niveau de préoccupation du public à leur sujet. 

Les principales priorités stratégiques définies par les Canadiens sont les suivantes : 

  • Rendre le logement plus abordable 
  • Améliorer l’accès aux aliments pour lutter directement contre l’insécurité alimentaire 
  • Élargir l’accès à des possibilités d’emploi et de formation de qualité 
  • Mettre en œuvre des approches nouvelles et novatrices de réduction de la pauvreté 

Ces mesures sont considérées comme essentielles pour réduire les difficultés systémiques et offrir une situation économique plus équitable pour tous. 

Les Canadiens qui vivent de l’insécurité alimentaire accordent constamment un soutien plus élevé à toutes les mesures que la population générale. Ils comptent particulièrement sur l’abordabilité du logement, l’accès à la nourriture, la formation professionnelle et la gratuité de l’éducation. 

Les principales constatations de ce domaine du sondage sont résumées ci-dessous (voir aussi la figure 6) : 

  • Rendre le logement et les services publics plus abordables est la principale préoccupation à l’échelle nationale (« très important » selon 66 % des répondants à l’échelle nationale et selon 74 % des répondants souffrant d’insécurité alimentaire). 
  • La lutte contre l’insécurité alimentaire en améliorant l’accès aux aliments est une autre demande fondamentale (51 % à l’échelle nationale; 61 % chez les répondants souffrant d’insécurité alimentaire). 
  • Le renforcement des systèmes de santé et de soutien social, comme les soins dentaires universels, les services de santé mentale et l’aide gouvernementale simplifiée, bénéficie d’un soutien solide. La moitié de la population générale et 58 % des répondants en situation d’insécurité alimentaire souhaitent le renforcement des systèmes de santé et de soutien social. 
  • Les répondants en situation d’insécurité alimentaire appuient fortement (57 % contre 47 % à l’échelle nationale) l’adoption de nouvelles approches de réduction de la pauvreté, y compris des changements aux politiques fiscales, aux politiques monétaires et aux initiatives de revenu minimum. 
  • L’élargissement de l’accès aux possibilités d’emploi et de formation, y compris les services de garde d’enfants abordables, l’éducation postsecondaire et les initiatives sur le marché du travail, est largement favorisé, surtout chez les populations en situation d’insécurité alimentaire – 54 % des répondants en situation d’insécurité alimentaire appuient ces initiatives. 

Figure 6. Dans quelle mesure chacun des domaines suivants est-il important pour réfléchir à la façon dont le gouvernement canadien peut lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire? (% très important)N=3 921

Population en situation d’insécurité alimentaire Population canadienne
Rendre le coût du logement et des services publics plus abordable 74 % 66 %
Lutter contre l’insécurité alimentaire en augmentant l’accès aux aliments 61 % 51 %
Instaurer des programmes de santé et de soutien social 58 % 50 %
Introduire de nouvelles approches de réduction de la pauvreté 57 % 47 %
Favoriser l’accès à des formations et des emplois décents 54 % 47 %
Instaurer des politiques ciblant les groupes vulnérables 53 % 45 %
Réglementer les pratiques organisationnelles Regulating corporate practices 48 % 41 %

Lorsqu’on examine spécifiquement les initiatives visant à soutenir les personnes sur le marché du travail, les répondants qui souffrant d’insécurité alimentaire appuient largement les initiatives qui favorisent l’accès à des formations et des emplois décents, à de nouvelles possibilités d’emploi, à des services de garde abordables et au perfectionnement des travailleurs. 
Il existe également une différence notable de 10 points de pourcentage dans l’appui à la gratuité des études postsecondaires et à la réduction du coût du transport collectif lorsque l’on compare les répondants en situation d’insécurité alimentaire à la population générale. 

Figure 7. Êtes-vous en faveur des possibilités d’emploi et de formation suivantes, ou contre? (% fortement en faveur) : N=3921

Population en situation d’insécurité alimentaire Population canadienne
Favoriser l’accès à des formations et des emplois décents 54 % 47 %
Introduire de nouvelles occasions sur le marché du travail 53 % 45 %
Offrir des services de garde d’enfants abordables 52 % 48 %
Offrir du perfectionnement et de la formation aux travailleurs 51 % 47 %
Études postsecondaires gratuites 49 % 39 %
Réduire les coûts du transport collectif 47 % 38 %
Offrir un meilleur accès à Internet 43 % 35 %

Prévalence de l’insécurité alimentaire, obstacles à l’emploi et préférences en matière de politiques parmi les sous-groupes 

La grande taille de l’échantillon de cette étude nous permet d’examiner de plus près les principaux défis, possibilités et obstacles auxquels font face certains segments de la population qui affichent des taux plus élevés d’insécurité alimentaire. Ces groupes comprennent les jeunes adultes (âgés de 25 à 29 ans), les personnes dont le revenu annuel est inférieur à 50 000 $, les nouveaux arrivants au Canada (au cours des cinq dernières années), les personnes en situation de handicap, les personnes ayant un niveau de scolarité inférieur, les personnes seules ayant des personnes à charge, les cols bleus et les travailleurs de la classe ouvrière, les populations autochtones, les personnes noires et les autres personnes de couleur. Ces groupes ne sont souvent pas mutuellement exclusifs et se recoupent souvent, ce qui renforce l’importance de disposer d’une gamme de solutions en matière de politiques et de programmes pour aider à éliminer ces obstacles et améliorer les possibilités. 

Jeunes (25 à 29 ans) 

  •  56 % des 25 à 29 ans et 54 % des membres de ce groupe d’âge qui occupent actuellement un emploi vivent de l’insécurité alimentaire.
  • Les membres de ce groupe : 
    • sont plus susceptibles de mentionner les bas salaires, le manque d’avantages sociaux, le manque de possibilités, les horaires irréguliers ou inflexibles, et le coût élevé du transport en commun comme des aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    • sont plus susceptibles de mentionner les défis liés au transport, les possibilités d’emploi limitées et le manque de services de garde d’enfants comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement des politiques comme la gratuité des études postsecondaires, la réduction des coûts du transport en commun et les nouvelles possibilités d’emploi. 

Personnes à faible revenu (< 50 k$/année) 

  • 61 % des personnes qui gagnent moins de 50 k$ par année et 68 % des personnes qui gagnent moins de 50 k$ par année et qui occupent actuellement un emploi vivent de l’insécurité alimentaire. 
  • Les membres de ce groupe : 
    • sont plus susceptibles de mentionner les bas salaires, le manque d’avantages sociaux, le manque de possibilités et les horaires irréguliers comme des aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    •   sont plus susceptibles de mentionner les défis liés au transport, les possibilités d’emploi limitées et les handicaps ou les problèmes de santé comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement le perfectionnement et la formation des travailleurs, les services de garde abordables, l’éducation postsecondaire gratuite, le transport collectif moins cher et les nouvelles possibilités d’emploi. 

Nouveaux Canadiens (5 ans ou moins) 

  • 60 % des personnes qui sont au Canada depuis 5 ans ou moins et 68 % des personnes qui sont au Canada depuis 2 ans ou moins souffrent d’insécurité alimentaire. C’est beaucoup plus élevé que la moyenne nationale de 39 %. 
  • Les membres de ce groupe :  
    • font face à des obstacles plus importants à l’emploi, notamment la non-reconnaissance de leurs titres de compétences et l’accès restreint à la formation; 
    • sont plus susceptibles de mentionner les bas salaires, le manque d’avantages sociaux, le manque de possibilités, les horaires irréguliers ou inflexibles, et le coût élevé du transport en commun comme des aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    • sont plus susceptibles de mentionner les défis liés au transport, les possibilités d’emploi limitées et les barrières linguistiques comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement la formation subventionnée pour les compétences en demande, le transport collectif subventionné et les bons de transport comme politiques qui aideraient à maintenir un emploi de qualité. 

Personnes en situation de handicap 

  • Un peu plus de la moitié des personnes en situation de handicap vivent de l’insécurité alimentaire. La prévalence varie de 43 % chez les personnes ayant un problème de santé chronique à 62 % chez celles ayant un trouble cognitif ou d’apprentissage. 
  • Les membres de ce groupe qui ont un problème de santé mentale ou une déficience cognitive sont plus susceptibles de mentionner les bas salaires, le manque d’avantages sociaux et les horaires irréguliers comme des aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier. 
  • Les membres de ce groupe qui ont un handicap physique ou cognitif sont plus susceptibles de mentionner le manque de mesures d’adaptation comme facteur contribuant à leur stress financier, et les personnes ayant un handicap cognitif sont plus susceptibles de mentionner le manque de possibilités. 
  • Les membres de ce groupe qui ont des problèmes de santé mentale ou des troubles cognitifs sont plus susceptibles de mentionner les défis liés au transport, les qualifications ou la formation insuffisantes et les possibilités d’emploi limitées comme obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi. 
  • Dans l’ensemble, les membres de ce groupe appuient fortement les possibilités de formation subventionnée et le transport collectif subventionné. 

Personnes ayant un faible niveau de scolarité 

  •  48 % des personnes ayant un diplôme d’études secondaires ou moins, et 52 % de ce groupe qui occupent actuellement un emploi souffrent d’insécurité alimentaire. 
  • Un niveau de scolarité inférieur est fortement corrélé à l’insécurité alimentaire et aux problèmes de logement. 
  • Les Canadiens qui ont une scolarité de niveau secondaire ou moindre déclarent subir un stress financier plus marqué que les Canadiens qui ont un niveau de scolarité plus élevé. 
  • Les personnes ayant un faible niveau de scolarité sont également plus susceptibles de compter sur le soutien gouvernemental. 
  • Les membres de ce groupe ont exprimé leur ferme appui aux politiques liées à la formation professionnelle, à l’accès à l’éducation et à l’abordabilité du transport collectif. 

Adultes seuls ayant des personnes à charge 

  • 63 % des membres de ce groupe sont en situation d’insécurité alimentaire et 25 % ont eu recours à une banque alimentaire au cours de la dernière année. 
  • Les membres de ce groupe : 
    • Are more likely to mention low wages, lack of benefits, lack of opportunities, inconsistent and/or inflexible hours, and the high cost of gas for commuting as aspects of their employment situation that contribute to their financial stress. 
    • Are more likely to mention transportation challenges, limited job opportunities, insufficient qualifications or training, and lack of childcare as contributing to challenges finding or maintaining quality employment. 
    • Express strong support for subsidized training and universal childcare. 

Cols bleus/classe ouvrière 

  • 47 % des cols bleus ou des membres de la classe ouvrière et 49 % de ce groupe qui occupent actuellement un emploi vivent de l’insécurité alimentaire. 
  • Les membres de ce groupe : 
    • sont plus susceptibles de mentionner les faibles salaires, les horaires irréguliers, 
      le coût élevé de l’essence (pour les déplacements quotidiens) et l’augmentation du coût de la vie sans aucune augmentation salariale, comme des aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    • sont plus susceptibles de mentionner les défis liés au transport, les possibilités d’emploi limitées et la formation ou les qualifications insuffisantes comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement le perfectionnement et la formation des travailleurs et l’introduction de nouvelles possibilités sur le marché du travail; 
    • tombent dans les failles des systèmes de soutien conçus pour les personnes sans emploi ou ayant un revenu extrêmement faible. 

Peuples autochtones

  • 52 % des membres de ce groupe sont en situation d’insécurité alimentaire, et 21 % ont eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois. 
  • Les membres de ce groupe : 
    • sont plus susceptibles de mentionner l’augmentation du coût du carburant pour les déplacements quotidiens, l’augmentation du coût de la vie sans aucune augmentation salariale, et le manque de mesures d’adaptation pour les personnes en situation de handicap comme des aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    • sont plus susceptibles de mentionner les défis liés au transport, la formation ou les qualifications insuffisantes et les handicaps ou les problèmes de santé comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement la formation entièrement subventionnée pour les compétences recherchées. 

Personnes noires 

  • 59 % des membres de ce groupe sont en situation d’insécurité alimentaire, et 23 % ont eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois. 
  • Les membres de ce groupe : 
    • sont plus susceptibles de mentionner les faibles salaires, le coût élevé du transport en commun pour les déplacements quotidiens, l’augmentation du coût de la vie sans aucune augmentation salariale, et le manque de possibilités comme aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    • sont plus susceptibles de mentionner la formation ou les qualifications insuffisantes, les possibilités d’emploi limitées, les difficultés liées au transport et le manque de services de garde d’enfants comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement la formation entièrement subventionnée pour les compétences en demande et le transport public subventionné pour les personnes à faible revenu. 

Personne de couleur

  • 53 % des membres de ce groupe souffrent d’insécurité alimentaire et 16 % ont eu recours à une banque alimentaire au cours des 12 derniers mois. 
  • Les membres de ce groupe : 
    • sont plus susceptibles de mentionner les faibles salaires, le manque d’avantages sociaux, le coût élevé du transport en commun pour les déplacements quotidiens, l’augmentation du coût de la vie sans aucune augmentation salariale, et le manque de possibilités comme aspects de leur situation d’emploi qui contribuent à leur stress financier; 
    • sont plus susceptibles de mentionner la formation ou les qualifications insuffisantes, les possibilités d’emploi limitées, les barrières linguistiques, les difficultés liées au transport et le manque de services de garde d’enfants comme des obstacles à la recherche ou au maintien d’un emploi de qualité; 
    • appuient fortement l’introduction de nouvelles possibilités sur le marché du travail. 

Accès aux programmes gouvernementaux 

Les pairs chercheurs de l’étude de recherche communautaire ont noté que bon nombre des personnes avec qui ils ont parlé n’avaient pas accès aux programmes gouvernementaux malgré les nombreux défis et les niveaux élevés d’insécurité alimentaire. Beaucoup n’étaient pas au courant du soutien qui leur était offert ou trouvaient l’accès difficile. 

Les résultats du sondage national concordaient avec les observations des pairs : près de 70 % des répondants souffrant d’insécurité alimentaire n’avaient accès à aucun programme de soutien gouvernemental. La plupart des membres de ce groupe ne savaient pas s’ils étaient admissibles (47 %) ou ne savaient pas quel soutien était offert (33 %). Une personne sur cinq a mentionné des obstacles administratifs comme la difficulté à remplir les formulaires, 
le manque d’accès à un ordinateur ou les barrières linguistiques comme raisons pour ne pas avoir accès au soutien gouvernemental. 

Figure 8

Avez-vous accès à des programmes gouvernementaux pour du soutien financier? (N = 3 921)


Oui
25%
Non
68%
Ne sait pas
7%

25%
68%
7%
Oui
Non
Ne sait pas

Figure 9

Qu’est-ce qui vous empêche d’accéder à ces programmes? (N = 2 676)


Ne sait pas si admissible
47%
Manque de sensibilisation
33%
D’autres en ont plus besoin
23%
Honte
17%
Formulaire difficile à remplir
13%
Pas d’accès à un ordinateur
4%
Barrière linguistique
3%
N’en a pas besoin
17%

47%
33%
23%
17%
13%
4%
3%
17%
Ne sait pas si admissible
Manque de sensibilisation
D’autres en ont plus besoin
Honte
Formulaire difficile à remplir
Pas d’accès à un ordinateur
Barrière linguistique
N’en a pas besoin

Ces constatations renforcent celles d’un rapport indépendant préparé par le Bureau du vérificateur général du Canada pour la période du 1er avril 2019 au 31 août 2021. L’objectif du rapport était de déterminer si Emploi et Développement social Canada et l’Agence du revenu du Canada (ARC) veillent à ce que les populations difficiles à joindre soient informées de l’existence de l’Allocation canadienne pour enfants, de l’Allocation canadienne pour les travailleurs, du Supplément de revenu garanti et du Bon d’études canadien, et y aient accès. L’une des principales constatations était qu’il n’existe pas d’« approche intégrée pour les personnes ayant besoin d’une aide plus personnalisée ».3 

Emploi et Développement social Canada et l’ARC ont cerné plusieurs groupes qui font face à des obstacles pour accéder aux prestations. Il s’agit notamment des Autochtones, 
des personnes ayant un logement précaire, des nouveaux arrivants au Canada, des personnes en situation de handicap, des aînés et des jeunes. Les deux organisations ont également cerné les obstacles qui compliquent l’accès aux prestations, y compris la littératie et à la langue, 
la réticence à divulguer des renseignements personnels et financiers, le fait de ne pas produire de déclarations de revenus, les processus de demande complexes, l’accès limité aux services financiers et l’emplacement géographique. 

Le rapport indique que « l’Agence du revenu du Canada et Emploi et Développement social Canada ne disposaient pas d’une stratégie pour assurer un service à la clientèle global, continu et cohérent permettant d’aider les gens ayant besoin d’un soutien personnalisé » et que 
« le Ministère et l’Agence n’ont pas, à l’heure actuelle, une stratégie permettant d’assurer un service continu et cohérent aux personnes difficiles à joindre qui désirent obtenir certaines prestations ». Il souligne aussi que la participation aux prestations pourrait être surestimée, 
car les estimations ne tiennent pas toujours compte des personnes qui n’ont pas produit de déclarations de revenus. « Le Ministère et l’Agence avaient peu d’éléments probants montrant que l’intensification de leurs activités de sensibilisation avait entraîné l’utilisation accrue des prestations par les personnes difficiles à joindre. »4 

Le rapport souligne que ni Emploi et Développement social Canada ni l’ARC n’ont un portrait clair et complet des personnes qui ne reçoivent pas de prestations auxquelles elles sont potentiellement admissibles et qu’elles n’ont pas fait assez pour aider les populations difficiles à joindre à recevoir les prestations qui ont été mises en place pour soutenir les personnes à faible revenu au Canada. 

L’engagement, dans le récent budget fédéral, de mettre en œuvre un système de déclaration de revenus automatique est une étape cruciale pour aider les gens à obtenir les prestations auxquelles ils ne savent pas qu’ils ont droit, comme l’Allocation canadienne pour enfants ou l’Allocation canadienne pour les travailleurs. Ces prestations pourraient contribuer à augmenter considérablement les revenus des personnes en situation d’insécurité alimentaire. Le soutien à l’accès à d’autres programmes – par exemple, les programmes d’apprentissage – 
et l’élargissement de l’admissibilité à ces programmes pourraient également contribuer à réduire l’insécurité alimentaire au Canada. 

Conclusion : de la recherche à l’action 

Les conclusions de ce rapport illustrent les principaux défis auxquels font face les personnes qui vivent de l’insécurité alimentaire, en particulier celles qui occupent un emploi. 
Elles soulignent également que certains groupes sont confrontés à des taux disproportionnellement élevés d’insécurité alimentaire, par exemple les personnes noires, autochtones et de couleur, les familles monoparentales, les cols bleus, les personnes à faible revenu, les nouveaux arrivants au Canada et les jeunes. Les données probantes soulignent l’importance de politiques et de programmes ciblés et inclusifs qui s’attaquent à l’intersectionnalité des facteurs qui façonnent les expériences de ces groupes, et rappellent que chaque ordre de gouvernement et secteur de la société a un rôle crucial à jouer pour régler ces problèmes. En offrant des possibilités équitables et en assurant un soutien accessible, 
les parties prenantes peuvent contribuer à combler les lacunes, à renforcer notre main-d’œuvre et à réduire l’insécurité alimentaire au Canada.