Transformer l’excédent en soutien 

Sur une propriété rurale pittoresque au nord de Hamilton, en Ontario, Lucas Catalfamo s’occupe de plus de 10 000 pommiers et poiriers. Au cours de la saison des récoltes, son entreprise, The Apple Orchard, attire beaucoup de touristes et de cueilleurs des environs. En novembre dernier, alors que les visites saisonnières se faisaient plus rares et que l’hiver approchait, Catalfamo a demandé à son personnel de récolter autant de pommes que possible. Il avait décidé de les donner à des banques alimentaires plutôt que de les perdre. 

Catalfamo est l’un des nombreux producteurs canadiens qui sont heureux et prêts à acheminer leurs surplus de fruits et légumes frais aux personnes dans le besoin. Toutefois, c’est souvent plus facile à dire qu’à faire. Les fermes et les banques alimentaires à proximité manquent souvent de ressources pour coordonner et agir pendant la courte période avant que les aliments ne se détériorent. De plus, les fruits et légumes sont en vrac – en plus grande quantité que ce qu’une banque alimentaire pourrait généralement donner – et dans des formats non emballés que de nombreuses banques alimentaires ne peuvent pas gérer facilement, voire pas du tout. 

En collaboration avec le réseau canadien de banques alimentaires et de généreux donateurs comme RBC, Banques alimentaires Canada contribue à relever ces défis. Face à une demande record, de nombreuses banques alimentaires risquent de manquer de nourriture. Pour répondre aux besoins croissants de leurs communautés, elles doivent puiser dans toutes les sources de nourriture disponibles, y compris les fermes comme The Apple Orchard. 

Les aliments provenant des fermes ont souvent besoin d’une transformation supplémentaire. Par exemple, les pommes de Catalfamo devaient souvent être mises en sac ou en boîte, car seules certaines banques alimentaires permettent aux clients d’emballer eux-mêmes des fruits et légumes en vrac. « Le passage de la ferme à la table comprend de nombreuses complexités, mais avec l’aide de partenaires et de donateurs, nous y arrivons, ensemble », 
affirme Erin McAllister, directrice nationale de l’approvisionnement alimentaire de Banques alimentaires Canada.  

L’hiver dernier, au Caledon Community Exchange, à Bolton, en Ontario, chaque famille recevant un dépannage alimentaire a trouvé un sac de pommes de terre et de carottes dans ses paniers alimentaires des Fêtes grâce au projet pilote de distribution qui a découlé de ce travail. « Les légumes frais sont toujours très appréciés! », a déclaré la directrice de la banque alimentaire, Kim D’Eri. 

Pendant ce temps, Daily Bread, la plus grande banque alimentaire de Toronto, a reçu 143 000 kilogrammes de pommes de terre, de courges et de carottes. « Ces contributions nous ont aidés à battre un record pour les fruits et légumes distribués à nos agences [dans toute la RGT] », a déclaré Andrew Manson, directeur principal des entreprises partenaires de Daily Bread.  

<Légende de la photo : Pommes de The Apple Orchard sur le plancher de l’entrepôt 
de Feed Halton, une banque alimentaire du sud de l’Ontario.>  

Un modèle novateur 

La poursuite de l’expansion de la récupération des aliments agricoles nécessitera des investissements, surtout compte tenu de la nécessité de les convertir en formats « prêts pour les banques alimentaires ». Au cours du présent exercice, RBC a fait un don de 500 000 $ pour aider le réseau de banques alimentaires à tisser des liens avec des producteurs comme Catalfamo et à renforcer ses capacités de processus comme le lavage afin d’enlever l’excès de saleté, l’emballage des aliments en vrac dans des paniers alimentaires, la préservation des fruits et légumes avant qu’ils ne se gâtent ou la transformation des ingrédients bruts en produits nutritifs et pratiques comme des soupes. 

<Légende de la photo : Le futur site du centre de récupération de denrées périssables de Greener Village.> 

« Ensemble, nous améliorons l’accès des personnes à des aliments frais et nutritifs et réduisons le gaspillage alimentaire, affirme Kirstin Beardsley, chef de la direction de Banques alimentaires Canada. Nous sommes profondément reconnaissants envers RBC pour son généreux soutien et son engagement commun à aider à bâtir un système alimentaire plus résilient. » 

Au Nouveau-Brunswick, une solution de transformation alimentaire à grande échelle est en cours d’élaboration. Greener Village, une banque alimentaire établie à Fredericton, a inauguré le centre de récupération de denrées périssables en septembre 2025. 

Avec l’aide de Banques alimentaires Canada et de ses donateurs, cette nouvelle installation de 6 500 pieds carrés sera équipée pour recueillir les surplus de fruits et légumes frais des fermes et les transformer de manière à prolonger leur durée de conservation, à leur ajouter de la valeur ou à faciliter leur distribution par l’entremise de Greener Village et d’autres banques alimentaires du Nouveau-Brunswick et du reste du Canada atlantique. 

Par exemple, le centre permettra d’éplucher, de hacher ou de congeler instantanément les légumes. Il s’agit d’un modèle novateur que Banques alimentaires Canada espère reproduire partout au pays en collaboration avec les banques alimentaires et d’autres partenaires. 

Ensemble pour le bien commun 

À The Apple Orchard, en novembre dernier, Catalfamo a accueilli un petit groupe de membres du personnel de Banques alimentaires Canada qui souhaitaient en apprendre davantage sur sa ferme, les défis auxquels il est confronté et ce qui le motive à aider à soulager la faim. 

Tout en discutant et en s’informant, les visiteurs ont aidé à cueillir des pommes à donner aux banques alimentaires. Par la suite, ils ont reçu un courriel de Catalfamo. « C’est tellement important de travailler ensemble pour le bien commun, a-t-il écrit. Non seulement pour relever les défis de la production alimentaire, mais aussi pour renforcer la sécurité alimentaire des personnes en difficulté. » 

Comparativement aux autres entreprises agricoles, la ferme de Catalfamo est d’une taille relativement modeste. Mais il a réfléchi à la façon dont chacun a un rôle à jouer, grand ou petit, dans le renforcement de sa communauté. « Je pense à vous et à toutes les personnes touchées [par l’insécurité alimentaire], du personnel aux bénévoles en passant par ceux qui reçoivent de la nourriture en tant que partenaires et membres de la communauté, poursuit-il. Nous faisons tout ce que nous pouvons ensemble. »